Le Comité organisateur de la septième Finale des Jeux de la francophonie canadienne Moncton-Dieppe 2017 a opté pour un slogan en chiac. Le choix d’utiliser l’anglais crée le débat.

Les organisateurs de l’évènement ont dévoilé jeudi leur logo, une boule de feu accompagnée du slogan: «Right fiers».

Ce sont les jeunes de la Fédération de la jeunesse canadienne française (FJCF) qui ont choisi la formule.

«On leur a demandé ce qu’ils voulaient pour les représenter, précise Mélissa Martel, présidente des Jeux 2017. En utilisant ce slogan, on veut valoriser leur choix et la manière dont ils s’expriment.»

Comme souvent, lorsque la question du chiac s’invite à la discussion, les avis sont très partagés.

La présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick Jeanne D’Arc Gaudet a rapidement questionné le slogan.

«Ce n’est pas une question de rejeter la culture de la région, mais dans la langue française il y a tellement de belles expressions poétiques qu’on pourrait imaginer. Il y a beaucoup de vieux mots acadiens dont on a hérité, pourquoi ne pas aller puiser dans cet ancien français qui représente la langue acadienne et l’ensemble des francophones du Nouveau-Brunswick?»

Sur Twitter, les réactions fusent. Le maire d’Edmundston Cyrille Simard s’étonne de ce choix. Il salue l’audace du message, mais doute de son efficacité.

De son côté, Yves Doucet, enseignant de l’école l’Odyssée de Moncton, comprend que le comité organisateur ait voulu refléter les saveurs locales de la région hôtesse.

«Le slogan Right fiers semblait s’imposer de soi pour illustrer le dynamisme linguistique et le caractère unique de nos villes hôtes, estime Alec Boudreau, président de la FJCF. C’est à la fois un clin d’œil au chiac acadien, et une ouverture à la Francophonie sous toutes ses formes et avec tous ses accents.»

La présidente des Jeux 2017 n’y voit pas non plus de problème particulier.

«On est vraiment à l’aise avec ce slogan. Notre public cible ce sont les jeunes, on veut respecter qui ils sont et les représenter avec la langue qu’ils utilisent, dit-elle. C’est ce que je réponds à la controverse.»

Benoît Duguay, ancien journaliste à Radio-Canada Acadie, est révolté. «C’est une honte!», s’exclame-t-il.

«C’est une insulte à la francophonie et à notre langue. Tout le monde ne parle pas chiac à Moncton et à Dieppe! Est-ce que les parents de la Péninsule et du Nord-Est du Nouveau-Brunswick sont fiers d’un slogan comme celui-là?»

La présidente de la SANB est aussi d’avis que le slogan illustre mal la diversité de la francophonie. «Il faut penser aux nouveaux arrivants», insiste Mme Gaudet.

«Les francophones du Sud-Est, de l’Ontario ou de l’Ouest parlent comme ça, ils utilisent des mots anglais et c’est totalement acceptable», répond Mélissa Martel.

Cette 7e édition des Jeux de la francophonie canadienne réunira plus de 800 participants venant de tous les coins de la francophonie canadienne et se tiendra du 11 au 15 juillet 2017. La population sera sollicitée dans les prochains mois pour la phase de recrutement de bénévoles. n

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