Réseau Vitalité: une nouvelle structure administrative et 30 postes éliminés

Le Réseau de santé Vitalité allège sa structure administrative. Une trentaine de gestionnaires écoperont et elle comptera désormais six postes de vice-présidents, dont la création d’un nouveau.

Ce sont des postes de cadres et de personnel administratif qui seront supprimés, ce qui permettra de réaliser des économies de 1,6 million $ par année selon les calculs de Vitalité.

Du côté de la haute direction, le rôle de vice-président aux finances a été éliminé. Ce secteur sera classé dans la catégorie de Performance, Qualité et Services généraux. Un poste de vice-président au Services médicaux, Formation médicale et Recherche a été créé. Il reste cependant à être comblé.

«Dans l’organigramme de 2011, il y avait 16 postes de vice-présidents et de cadres supérieurs. En 2013, il y en avait 7. En 2015, quand nous avons décidé de créer la fonction des Ressources humaines, il y en avait 8. Aujourd’hui, il y en a six», a fait remarquer Gilles Lanteigne, le président-directeur général du réseau francophone.

«Nous n’enlevons personne des zones pour grossir le siège social», soutient-il.

Les médecins du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont ont fait une sortie publique jeudi, afin de dénoncer ce modèle, en particulier le fait que les chefs de zone n’existeront plus, que les décisions seront plus centralisées, que c’est un retour à une organisation boiteuse du passé.

Le grand patron du Réseau Vitalité balaie ces prétentions. Il affirme que le corps médical s’est fié à un premier plan datant de décembre, mais que celui-ci a subi des remaniements pour le mieux.

«Nous n’avons pas enlevé le titre [de chef de zone]. Nous avons mis une fonction de vice-président dans laquelle il va être capable d’harmoniser les services à travers l’ensemble de l’organisation, c’est-à-dire s’il y a des bonnes pratiques dans une zone, voir comment on peut l’utiliser ailleurs», a indiqué M. Lanteigne.

«Leur port d’attache va être dans les zones, même s’ils n’auront plus le rôle hiérarchique de voir à chacune des décisions pour la zone», a-t-il précisé.

Le président du personnel médical de la zone Beauséjour, qui a pris connaissance de la dernière version de l’organigramme, vendredi, demeure sceptique sur son efficacité.

«De 2008 à 2013, c’était la structure qui avait en place et mes collègues disent que c’était d’une inefficience épouvantable. Nous voulions garder le pouvoir de décisions localement, tout en travaillant avec les autres zones», explique le Dr Rémi LeBlanc.

«Le mieux est d’avoir la personne qui a les solutions le plus près du patient possible. Si quelque chose ne fonctionne et que la décision doit être prise au loin, le patient va attendre et il y a des risques de dommages pour lui», avance-t-il.

Le Dr LeBlanc évoque également le rôle que le conseil d’administration doit tenir lorsqu’il s’agit de chambouler la hiérarchie.

«C’est le conseil d’administration (c.a.) de Vitalité qui doit approuver un changement de gouvernance. La réunion du c.a. est le 29 février. Pourtant, M. Lanteigne a déjà annoncé aux gens qu’ils allaient perdre leur emploi, sans avoir eu l’approbation du c.a.»

L’organisation de santé francophone s’est lancée dans un vaste plan de modernisation qui doit s’étendre sur 12 à 18 mois.

Conserver 99 lits

Le président-directeur général de Vitalité, Gilles Lanteigne, se dit très à l’aise de ne plus avoir à éliminer 99 lits dans les centres hospitaliers de son réseau de santé.

Il fait d’ailleurs remarquer qu’il ne s’agissait que d’une composante de son vaste plan de restructuration.

Le ministre de la Santé, Victor Boudreau, a récemment affirmé qu’il n’était pas question d’accepter des fermetures d’hôpitaux ou de lits.

«Les gens se sont concentrés sur une des pages de notre plan de modernisation qui parlait de fermer 99 lits. Dans les autres pages où il est question de virage ambulatoire, plus de services à domicile, une meilleure gestion des maladies chroniques, offrir des alternatives à l’hospitalisation et surtout au 25 % de nos patients qui sont dans des lits de courte durée, les maires, les groupes communautaires, les médecins et le personnel achètent cette partie», déclare M. Lanteigne.

«Donc tant mieux si nous n’avons pas besoin de fermer les lits. Peut-être que ce sera plus facile pour le virage que nous voulons faire», dit-il.

D’ailleurs, il indique que les autorités des réseaux de santé Vitalité et Horizon auront une rencontre avec le ministre, la semaine prochaine, pour plus de clarifications sur l’orientation de leur organisation respective.