Test de français: des étudiants en éducation réclament plus d’encadrement

La pilule est difficile pour 18 étudiants en enseignement de l’Université de Moncton, expulsés de leur programme après avoir échoué au test de compétence langagière en français (TCLF). Selon eux, le soutien offert par la faculté n’est pas suffisant.

Marie-Claude LeClaire ne deviendra pas enseignante au Nouveau-Brunswick. Son rêve d’enseigner les mathématiques aux jeunes francophones de la province la suit depuis la 6e année au secondaire. Il s’est éteint cette semaine.

Marie-Claude fait partie du 25,4% des étudiants qui n’ont pas obtenu la note de passage au TCLF, conditionnel à l’obtention d’un baccalauréat en éducation à l’U de M.

Comme plusieurs de ses camarades, elle a réussi huit des neuf tâches imposées, lors du second test en début de troisième année.

Comme plusieurs de ses camarades, l’épreuve de la dictée sans dictionnaire a été fatale au moment de la troisième et dernière tentative.

«C’est difficile à accepter. Après trois ans d’études, on a mis beaucoup d’effort pour se rendre là. On est un peu mal pris, on ne peut plus s’inscrire à un nouveau cours.»

La jeune femme envisage désormais de s’inscrire à l’Université Sainte-Anne ou à Ottawa. Elle pointe du doigt la faiblesse du suivi offert par le programme.

«Je ne trouve pas que la faculté a mis assez de choses en place pour nous aider, lance-t-elle. La majorité des étudiants devaient passer la dictée, mais c’est difficile de se préparer à ça. Il y a un manque d’aide de l’université pour bien nous encadrer.»

Selon l’étudiante, le test évalue mal les capacités orales des candidats. Elle estime surtout qu’il devrait être imposé à l’entrée du programme et accompagné de cours de français supplémentaires offerts à ceux qui en ont besoin.

«On en parle beaucoup entre nous, on est tous d’accord qu’un test a sa raison d’être. En tant que futurs enseignants, on doit avoir de bonnes capacités en français, mais il faudrait revoir la façon dont on est évalué, nous donner des outils.»

Pour Marc Arseneau, président de l’Association des enseignantes et d’enseignants francophones (AEFNB), il est essentiel de maintenir des standards linguistiques élevés.

«On veut que les étudiants soient prêts pour aller dans la salle de classe, dit-il. C’est sûr qu’on veut des enseignants qui sont en mesure de donner une bonne formation à nos élèves. Il faut qu’on continue d’avoir une éducation de qualité dans nos écoles, on veut des modèles.»

S’il reconnaît que l’encadrement des futurs enseignants est peut-être à revoir, c’est avant tout la responsabilité des étudiants de se mettre au niveau des exigences attendues, avance-t-il.

«Peut-être qu’on peut mettre en place des cours spécifiques, plus d’aide, mais il faut que les étudiants prennent ça au sérieux et se préparent pour ce fameux test. Ils le savent en s’inscrivant, ça ne doit pas être tenu pour acquis.»

En 2013 et 2014, le taux de réussite du TCLF a été de 100 %, de 96 %. Cette année, 25,4 % (18 élèves sur 71) ont échoué. La situation surprend Pascal Haché, le président de la fédération étudiante (FÉÉCUM).

«On se demande où il y a eu un manquement. Ce sont des chiffres qu’on n’a jamais vus. On rencontre les étudiants pour comprendre ce qu’il s’est passé. On espère que l’université sera ouverte à voir comment on peut changer le règlement. On veut faire pression pour donner une chance à ces étudiants. Qu’arrive-t-il à ceux qui ne veulent pas enseigner avec leur baccalauréat en éducation, ou qui ne voudraient pas enseigner en français?