La GRC se félicite des progrès réalisés depuis la fusillade

La force policière a présenté jeudi un bilan des mesures prises à la suite de à la tragédie. Un agent sur deux sera bientôt formé au tir à la carabine.

En janvier 2015, le rapport MacNeil évaluait l’intervention policière lors des évènements du 4 juin. L’étude a révélé plusieurs failles: des carabines peu nombreuses et peu accessibles, des gendarmes mal préparés à réagir face une fusillade ou encore un système radio déficient.

Chargé d’enquêter après la mort des trois gendarmes, Alphonse MacNeil, commissaire adjoint à la retraite, avait alors formulé 64 recommandations. La GRC a accepté toutes les propositions et s’est engagée à présenter une mise à jour publique chaque année.

Mardi, les dirigeants de la GRC ont indiqué que 42 recommandations ont déjà été mises en œuvre, et que 10 autres le seront d’ici avril. La force policière espère achever l’ensemble de l’échéancier avant la fin mars 2017.

«Nous avons tiré des leçons de cette tragédie, affirme Janice Armstrong, sous-commissaire aux Services de police contractuels et autochtones. Je suis fière du travail que nous avons accompli dans la dernière année, surtout en ce qui a trait à l’équipement et à la formation nécessaires à la sécurité des policiers.»

Plusieurs changements à la suite de la fusillade affectent d’ailleurs le reste du Canada. Selon le surintendant principal de la GRC, Eric Stubbs, la force policière a acheté près de 4000 carabines à la grandeur du pays et a formé 3300 membres à l’utilisation de ces armes.

Toutes les divisions se sont procuré des carabines de patrouille supplémentaires. En 2015, 25 % des agents étaient formés à leur utilisation. L’objectif est que la moitié des employés reçoivent la formation en 2016.

Le commandant de la GRC au Nouveau-Brunswick, Roger Brown, n’a pas voulu révéler combien d’armes la province a acquises.

«Je suis confiant à 100 % qu’avec le nombre de fusils à notre disposition, si un tel évènement venait à se reproduire, nous pourrions réagir de façon sécuritaire», dit-il.

Tous les membres de la GRC doivent maintenant suivre un cours sur les interventions en cas d’incident critique. Des vidéos apprennent aux agents à réagir face à un tireur ou à utiliser correctement un gilet pare-balles.

Désormais, tous les cadets seront entraînés au tir à la carabine et recevront une formation au déploiement rapide en situation de crise.

En revanche, certaines lacunes ne pourront pas être évacuées tout de suite. La mise à niveau du système de radio du Nouveau-Brunswick ne devrait pas voir le jour avoir 2017. L’investissement nécessaire pour remplacer ce système datant de 1980 s’élève à 2 millions $. Cela permettra notamment aux officiers d’un détachement de communiquer avec des agents d’autres régions, ce qui est toujours impossible pour le moment.

«Nous sommes conscients que rien ne ramènera les agents tombés ou le dénouement de ce qui est arrivé, a déclaré Janice Armstrong. Notre priorité est de nous assurer que nous avons les outils, l’entraînement et le soutien nécessaire pour que nos membres puissent se protéger et protéger le public.»

Roger Brown explique qu’il est actuellement difficile de chiffrer l’ensemble des coûts liés à la réalisation de ces mesures.

«L’important pour nous c’est d’avoir l’équipement nécessaire et ça coûtera et ce que ça coûtera», a insisté le commandant.

«C’est impossible d’éliminer le risque, c’est la réalité du travail de policier, mais notre but est de continuer de diminuer les risques non seulement pour les gendarmes, mais aussi pour le public en général», ajoute-t-il.