Au boulot à vélo… même l’hiver! (vidéo)

Se rendre au travail à vélo l’été, c’est une chose. À -10 degrés sur des routes enneigées, c’en est une autre. C’est pourtant le quotidien de Félix Grenier, un professeur de l’Université de Moncton qui utilise sa bicyclette 12 mois par année pour se rendre au boulot.

L’Acadie Nouvelle a suivi ce cycliste qui enseigne la science politique au campus de Moncton sur son trajet matinal, une distance d’environ 3 km.

«Il y a de petits ajustements à faire. Il faut rouler moins vite parce qu’il y a des risques de dérapage, mais pas de gros dérapages. Je ne suis jamais tombé à terre. De temps en temps, je vais mettre mon pied à terre, quand je tourne par exemple», confie le cycliste qui enseigne la science politique au campus de Moncton.

Autre que la vitesse de conduite, il y a les petites modifications au vieux vélo de montagne qu’il utilise pour un hiver ou deux. D’abord, le pneu avant est clouté pour une meilleure traction. Le dérailleur a été modifié pour éviter les bris et les déchirures de pantalon. Pour éviter d’arriver dans la salle de classe recouvert de gadoue, M. Grenier porte également un couvre-mollet. Puisque les périodes d’ensoleillement sont plus courtes durant la saison froide, les réflecteurs et les lumières sont de mises.

Bien équipé et bien habillé, du vélo l’hiver, même par temps froid, «c’est super confortable», soutient le professeur.

«Ce sont des journées un peu plus problématiques. C’est faisable, mais il ne faut vraiment pas aller vite. Il faut être prêt à affronter l’hiver. C’est comme aller faire une grande journée de ski de fond quand il vient de tomber plusieurs dizaines de centimètres de neige», insiste-t-il.

En fait, le problème n’est pas tant la neige et le froid que le partage de la route. C’est le cas hiver comme été, selon M. Grenier. Il reste beaucoup à faire du côté éducation, autant chez les cyclistes que les automobilistes, afin de rendre l’expérience du transport actif plus agréable.

«Le problème, c’est le partage de la route. L’été si on fait une ballade, on va aller sur une piste cyclable, mais si on veut faire du vélo de transit, c’est-à-dire circuler à vélo pour se rendre à l’université ou au travail, c’est toujours la même chose. Comment partager la route? Le problème, ce ne sont pas les voitures, c’est le fait que nous sommes différents types de véhicules sur la même route», explique M. Grenier.

Le 12 février est la Journée internationale vélo-boulot d’hiver. Le but est simplement d’encourager la population d’utiliser ce mode de transport, et ce, même par temps froid. Pourquoi?

«Pour la santé, c’est extrêmement bon. C’est très bon pour la ville aussi. C’est très bon pour notre environnement. On n’a pas besoin de stationnement. Ça prend beaucoup moins de place. Ça n’émet pas de gaz à effet de serre. Il y a toute sorte d’avantages collectifs et individuels», précise le cycliste.

Il y a également des raisons économiques de se déplacer à vélo. Sans paiement de voiture, sans avoir à faire le plein de carburant ou encore les frais de stationnement, les économies sont énormes.

«J’économise plusieurs milliers de dollars par année en n’ayant pas de voiture et en faisant la majorité de mes transports en vélo. Mon budget de transport à l’intérieur de la ville est de moins de 1000 $ par année. C’est de l’argent que je mets ailleurs», indique M. Grenier.