La Grange à Johnny renaîtra-t-elle à Val Comeau comme annoncé l’année dernière? Les propriétaires se butent contre une réglementation qu’ils ne pensaient pas si contraignante. Leurs proches voisins s’y opposent farouchement.

Le projet de Marisa et Clifford Breau était ambitieux. En novembre, ils ont fait transférer La Grange à Johnny, ancienne boîte à chansons très populaire à Covedell, sur leur terrain à Val Comeau.

Déjà propriétaires d’un gîte de cinq chambres situé en face, le Phare des Dunes, ils voulaient la transformer en lieu culturel.

Leur idée, comme ils nous la présentaient au moment du déménagement, prévoyait une programmation de spectacles à l’année et une extension de plusieurs niveaux accolée à l’édifice. Trois mois après, le couple revoit ses plans.

Les déconvenues se sont accumulées. Pour commencer, la toiture a été endommagée pendant le transport. Il leur faut la refaire.

Pour ressusciter La Grange à Johnny comme ils l’entendent, ils doivent se soumettre à une réglementation stricte dictée par la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne.

Elle impose, entre autres, que le bâtiment repose sur une fondation en béton. Autant de travaux et donc de frais supplémentaires auxquels le couple Breau ne s’attendait pas.

«Parce que la grange est seule sur le terrain, elle en devient le bâtiment principal et est soumise à des normes draconiennes», explique Clifford.

Lui et sa femme se heurtent aux réticences de leurs voisins. Ces temps-ci, le climat est devenu glacial dans le chemin de la mer, et ce n’est pas seulement en raison de l’hiver.

Une quinzaine de riverains se sont exprimés la semaine dernière lors du conseil municipal. Ils ont fait part de leurs inquiétudes et exposé les raisons pour lesquelles ils étaient contre.

Nous en avons rencontré quatre, chez eux, lundi matin. Ces deux couples ont accepté de nous parler sous couvert d’anonymat.

«C’est une place résidentielle ici. On est des gens tranquilles qui ne veulent pas être dérangés. Ça va faire du bruit et du trafic. Sans parler du problème de stationnement», se plaint un vieux monsieur aux cheveux poivre et sel.

Sa compagne craint que cela dévalue la valeur de leur maison.

«Et quand on voudra vendre, ça va faire baisser le prix.»

L’autre couple interrogé partage ces opinions. Début février, un groupe de résidants a lancé une pétition. Elle réunit actuallement une cinquantaine de signatures. Elle sera bientôt transmise à la mairie.

«La ville doit être concernée par nos préoccupations», considère un des signataires.

Les conseillers ont pris acte des doléances de ces citoyens. Leur marge de manœuvre est cependant limitée.

«Il s’agit d’une affaire privée. Et depuis la naissance de la municipalité du Grand Tracadie, les arrêtés municipaux n’ont pas encore été pris. Le processus est en cours. Nous sommes dans une zone grise, en quelque sorte», précise Denis Poirier, le directeur général.

En réponse à ce tumulte, Marisa et Clifford Breau se disent «indifférents». Les positions de leurs voisins les étonnent.

«On leur a parlé de notre projet depuis un moment. On ne les a pas mis devant le fait accompli», indique Clifford.

«On ne va pas faire des partys jusqu’à 3 h du matin», se défend Marisa.

Ils n’abandonnent pas.

«On va commencer petit. Il y aura des choses cet été», promet-elle.

La Grange à Johnny pourrait accueillir des artistes en résidence, qu’ils soient musiciens, peintres, comédiens ou écrivains. Le chanteur Ronald Tremblay, désormais installé à Vancouver, aimerait venir répéter entre ces quatre murs en bois.

Des représentations pourraient avoir lieu. Elles se dérouleront sous chapiteau.

Quant au concert réunissant Raymond Breau, Donat Lacroix et Calixte Duguay le 21 août pour marquer le 40e anniversaire d’ouverture de la boîte à chansons à Covedell, il est toujours dans les cartons.

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