Le Conseil des personnes d’ascendance africaine du Nouveau-Brunswick est né. L’organisation entend défendre les droits et les intérêts des individus d’ascendance africaine de la province.

Ibrahim Ouattara, professeur de philosophie à l’Université de Moncton et président de l’organisme, a présenté l’initiative vendredi.

Les fondateurs, majoritairement issus du milieu universitaire francophone, veulent faire de ce conseil un outil politique de promotion du multiculturalisme et du respect des droits de la personne.

Il ne s’agit pas d’offrir des services aux nouveaux arrivants, mais de sensibiliser aux problématiques particulières de la communauté africaine: intolérance, discrimination, inégalité sur le marché du travail ou encore faible représentation politique.

«À l’Assemblée législative, à la Commission des droits de la personne, il n’y a personne d’ascendance africaine», fait remarquer Philomène Zangio. Le conseil tentera d’attirer l’attention des gouvernements, des municipalités et des organismes communautaires sur ces questions.

L’organisation est ouverte à tous ceux qui ont un lien de filiation avec l’Afrique ou aux personnes qui entretiennent un lien de proximité et de sympathie avec le continent. «Nous avons choisi la définition la plus large et ouverte possible», indique M. Ouattara. «Les religions, les coutumes, on les laisse de côté», renchérit Philomène Zangio.

Le conseil travaillera à la mise en place de divers programmes destinés aux personnes d’ascendance africaine, qui cibleront l’implication citoyenne, l’accessibilité aux services de santé ou le développement de l’entrepreneuriat.

Les membres organiseront également un forum sur les obstacles des personnes d’ascendance africaine au marché du travail et un forum sur l’intégration des élèves issus de l’immigration.

Enfin, ils militeront pour la mise en place d’une commission de la diversité culturelle dans le Grand Moncton.

«On ne peut pas concevoir le développement futur de ces villes sans prendre en compte la diversité de nos communautés», estime M. Ouattara.

Selon eux, l’accès au marché du travail reste un problème majeur. «Le taux de chômage des minorités visibles est bien plus élevé que la moyenne. Quand tu es noir, soit on t’empêche d’accéder travail, soit la promotion est très difficile», lance Leyla Sall, professeur de sociologie.

La langue de fonctionnement sera principalement le français. «Notre objectif est de ne pas exclure. La plupart d’entre nous ont le français comme langue maternelle, mais si des anglophones veulent se joindre à nous, on va les défendre», précise Ibrahim Ouattara. Pour le moment, le conseil ne dispose pas d’autre financement que la cotisation annuelle de 20 $.

L’unité de cet organisme à vocation provincial constituera un aussi défi, souligne Leyla Sall. «Les communautés noires de Saint-Jean sont là depuis le 18e siècle. Elles ne se considèrent pas comme immigrantes et disent que leurs luttes sont différentes. L’autre enjeu c’est d’être visible, reconnus par les autorités, montrer qu’on est une force avec laquelle il faut composer.»