René Arseneault assume pleinement son vote

Le député libéral de Madawaska-Restigouche, René Arseneault, s’est retrouvé pendant un bref instant sous les lumières des projecteurs après avoir voté contre une motion ayant pourtant été soutenue par la grande majorité de son parti.

 

Le député originaire de Balmoral est l’un des trois libéraux – avec Larry Bagnell du Yukon et Nick Whalen de Terre-Neuve – à s’être opposé lundi à une motion conservatrice invitant la députation à condamner la campagne BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël). Outre ces trois députés libéraux, plus d’une douzaine d’autres ont démontré leurs réticences en s’abstenant tout simplement de voter.

La libellé de la motion indiquait que «la Chambre rejette la campagne du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui encourage la diabolisation et la délégitimation de l’État d’Israël, et prie le gouvernement de condamner toute tentative de la part d’organismes, de groupes ou de particuliers du Canada de promouvoir le mouvement BDS, ici et à l’étranger.»

Le député acadien soutient qu’il n’avait pas la conscience tranquille avec la motion telle que proposée, de là son opposition.

«Je trouvais que ça ne tenait pas la route dans un pays libre et démocratique comme le Canada où l’on retrouve une Charte des droits et libertés», explique-t-il, ajoutant qu’il trouvait la motion floue, mal articulée, qu’elle ne servait en rien les intérêts du pays, voire même qu’elle était frivole.

Avouant ne pas être un expert de la question Israëlo-Palestinienne, M. Arseneault comprend mal l’essence de cette motion.

«Si on avait apporté une motion condamnant des organismes qui encouragent l’antisémitisme, ç’aurait été une autre histoire. Ici, on parle de diabolisation d’Israël, mais je ne crois pas que c’est ce que ce mouvement fait. De ce que j’en connais, il ne sert pas à diaboliser Israël, mais plutôt à encourager le boycottage de certains produits de ce pays conçus (par Israël) dans les territoires occupés. Ce n’est pas criminel. Le condamner va à l’encontre, selon moi, de la liberté d’expression», indique le libéral.

Selon lui, il s’agissait uniquement d’une motion faite apportée sur le tapis pour diviser les partis et causer la zizanie dans la Chambre des communes.

Le député n’a par ailleurs aucunement le sentiment d’avoir embarrassé son parti d’une quelconque façon par son geste.

«D’abord, il s’agissait d’un vote libre. Nous – les députés – n’avons reçu aucune consigne par rapport à ce vote. Il n’y avait pas de ligne de parti à respecter. Je n’ai eu aucunes représailles et je n’en aurai pas», soutient le député.

Celui-ci ne peut toutefois s’empêcher de se demander à quel point les conservateurs eux-mêmes ont été honnêtes dans toute cette histoire.

«On est rapide chez eux à dénoncer les votes avec une ligne de parti. Ici, c’était un vote libre et il y a eu des députés de notre parti qui ont voté contre la motion et d’autres pour. Étrangement chez les conservateurs, tous ont voté en faveur. Ça ressemble à une ligne de parti ça, car je doute très fort qu’ils aient tous été d’accord avec la motion», dit-il.