Âgée de 18 ans, Gaétane Johnson briguera un mandat de conseillère municipale à Rogersville lors des élections du 9 mai. La dynamique jeune femme souhaite faire entendre la voix des jeunes à la table du conseil municipal de son village.

Gaétane Johnson obtiendra son diplôme d’études secondaires en juin. Elle espère être élue en tant que conseillère municipale en mai.

Depuis qu’elle est toute jeune, l’adolescente de Rogersville s’intéresse au monde de la politique. Ce printemps, elle ira jouer dans la cour des grands en tentant de se faire élire au conseil municipal de son village.

«Je veux apporter le point de vue des jeunes au conseil. Ça pourrait être épeurant pour les gens de voir une jeune femme âgée de 18 ans aux élections, mais je crois que c’est un changement qui pourrait faire une différence. Je suis prête pour le défi.»

L’an dernier, Gaétane Johnson a mené l’équipe gagnante du tournoi provincial de débats des écoles secondaires du Nouveau-Brunswick. En janvier, elle a pris part au Parlement jeunesse pancanadien à Ottawa. Entourée de dizaines de jeunes meneurs, elle a été convaincue qu’elle veut faire carrière dans le domaine politique.

C’est après une conversation avec Jason Godin, il y a quelques semaines, qu’elle a pris son courage à deux mains et s’est lancé dans la course des élections municipales. Le jeune maire de Maisonnette lui a parlé de son expérience dans l’arène politique et l’a encouragé à poser sa candidature.

«Il m’a dit: “j’ai vu des étoiles dans tes yeux. Il faut que tu le fasses”. C’est vraiment lui qui m’a inspiré. J’avais toujours su que tu peux voter à 18 ans, mais c’est lui qui m’a fait réaliser que tu pouvais aussi te présenter à 18 ans.»

Celle qui entreprendra des études en science politique à l’Université de Moncton en septembre célébrera son 18e anniversaire le 15 avril, juste à temps pour être éligible aux élections du 9 mai.

Les femmes de Rogersville ont bien préparé le terrain pour de jeunes candidates comme Gaétane Johnson. La maire, Pierrette Robichaud, est à son deuxième mandat à la tête de la municipalité. En 2001, le village est devenu le premier au pays à assermenter un conseil municipal entièrement féminin.

«C’est mieux accepté que j’aurais cru. Je pensais que les gens auraient hésité. Je suis jeune et je suis une femme. En politique, c’est moins commun. Mais je suis contente parce qu’à Rogersville, il y a beaucoup de femmes élues.»

Mme Johnson espère apporter un nouveau souffle aux discussions à la table du conseil municipal. Si la population de la communauté située au sud de Miramichi est vieillissante, sa jeune génération est pleine de vie.

Le ratio du nombre de femmes élues par rapport aux hommes est au-dessus de la moyenne provinciale dans Kent. Des sept conseils municipaux du territoire, trois ont une femme à la mairie. De plus, 10 des 28 élus à titre de conseiller municipal sont des femmes. Au Nouveau-Brunswick, les femmes occupent 32% des postes de conseillers et 18% des postes de maires.

Une candidature «inspirante»

La directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB), Amélie Friolet O’Neil, voit la candidature de Gaétane Johnson d’un bon oeil.

Le RFNB mène, conjointement avec deux autres organismes, une campagne provinciale afin d’encourager les femmes à faire campagne lors des prochaines élections municipales.

Elle estime que la candidature de l’adolescente de Rogersville pourrait encourager d’autres femmes à se lancer en politique.

«J’étais vraiment très contente d’apprendre qu’elle (Gaétane) se soit intéressée à la politique municipale. C’est bien de voir que ce message-là rejoint de jeunes femmes aussi. C’est une belle avancée pour nos communautés.»

«C’est inspirant. Ça permet de voir que la politique municipale est pour tout le monde. Tout le monde a quelque chose à offrir; que ce soit un jeune homme, une jeune femme ou quelqu’un de plus âgé.»

Qu’elle soit élue ou non, le simple fait que Gaétane Johnson pose sa candidature aura un impact positif, ajoute Mme Friolet-O’Neil.

«On souhaite qu’elle mène une belle campagne et qu’elle soit élue, mais les femmes qui participent au débat, même si ça ne se solde pas dans une élection, elles ont quand même contribué à la discussion, puis ça peut être un bon levier pour une élection future.»

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