Sept ans de prison pour un baron de la drogue du Sud-Est

Guy Joseph Cormier, de Grand-Barachois, écope d’une peine de sept ans d’emprisonnement pour trafic de drogue. De plus, la Couronne a confisqué sa résidence de Grand-Barachois, évaluée à environ 468 000$.

En prononçant sa sentence à la Cour provinciale à Moncton, jeudi après-midi, la juge de la Cour provinciale, Anne Dugas Horsman, a décrit l’homme âgé de 47 ans comme étant un maillon clé dans la chaîne de distribution d’hydromorphone et de cocaïne dans le sud-est du Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le 18 mars, M. Cormier a plaidé coupable à dix chefs d’accusation qui pesaient contre lui. Ils comprennent quatre accusations de trafic d’hydromorphone, deux de trafic de cocaïne, un de possession d’hydromorphone dans le but d’en faire le trafic, deux de possession de cocaïne dans le but d’en faire le trafic et un de possession de méthamphétamine.

L’hydromorphone est un dérivé semi-synthétique de la morphine qui induit une forte dépendance. Sur le marché noir, il est souvent plus coûteux que l’héroïne.

Jeudi, Guy Joseph Cormier a écouté en silence les faits rapportés. Quand la juge a rendu sa sentence, il a sorti les griffes.

«Moi, je n’accepte pas ça. Moi, ils m’ont fait signé un papier pour un deal (une entente), et si ce n’est pas ça le deal, j’allais revenir et changer mon plaidoyer de coupable à non coupable.»

«Vous êtes libres de faire les procédures qui s’imposent», lui a répondu la juge Dugas Horsman, ajoutant que l’accusé avait le droit de faire appel devant un tribunal supérieur.

En sortant du box des accusés, M. Cormier a adressé le reproche à son avocat.

«Vous m’avez fait signer des papiers et vous m’avez piégé», a-t-il lancé.

Guy Joseph Cormier a été arrêté le 12 février 2015 dans le cadre de l’Opération Lunge.

Cette opération policière, lancée en septembre 2013, avait pour but de perturber le commerce et la distribution de drogue, ainsi que de saisir des biens obtenus criminellement.

Me Dugas Horsman a dévoilé qu’un agent d’infiltration s’est engagé dans une relation d’affaires avec M. Cormier le 21 novembre 2014. Après une rencontre au Tim Hortons de Shediac, les deux hommes se sont rendus à une résidence de Shediac. L’agent a quitté les lieux avec des centaines de capsules d’hydromorphone et une dette de 12 000$.

Les deux hommes ont continué de faire des échanges au cours des semaines suivantes. Le 15 décembre, l’agent infiltré est allé à la résidence de M. Cormier, à Grand-Barachois, pour payer une partie de sa dette.

«Lorsqu’il est entré dans la résidence, l’agent a remarqué entre 40 000$ et 50 000$, que M. Cormier a décrit comme étant l’argent qu’il avait collecté cette journée-là», a affirmé Me Dugas Horsman.

Le 4 février 2015, l’agent a demandé à M. Cormier de lui vendre une demi-livre de cocaïne pour un ami. L’homme de Grand-Barachois lui a plutôt proposé un kilogramme. L’agent a accepté de faire l’achat pour une somme de 54 000$.

L’échange devait avoir lieu le 12 février. C’est à ce moment que M. Cormier a été arrêté.

Un kilogramme de cocaïne a été retrouvé dans le camion de l’homme âgé de 47 ans grâce à un mandat de perquisition. Plus tard, de la drogue et de l’argent ont été saisis à la résidence de Guy Joseph Cormier.

L’enquête a révélé que M. Cormier vendait la drogue à plusieurs distributeurs dans le sud-est du Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

L’avocat de la défense a demandé une peine de cinq ans et demi d’emprisonnement. Il a affirmé que M. Cormier souffre des graves crises d’anxiété depuis qu’il est en détention préventive. Les crises seraient liées aux sévices sexuels dont il aurait soufferts aux mains de Karl Toft, l’un des pires pédophiles de l’histoire du Canada, alors qu’il était au centre de correction pour jeunes à Kingslear, dans les années 1980.

Pour sa part, le procureur de la Couronne a demandé une peine de sept ans de prison.

En raison du temps qu’il a passé en détention préventive, il reste à Guy Joseph Cormier cinq ans et demi à purger en prison.