Un vice-doyen dépose deux injonctions contre l’U de M

À bout de nerfs, le vice-doyen de la faculté d’administration de l’Université de Moncton dépose deux injonctions contre son employeur. Sa cause sera entendue devant la Cour du Banc de la Reine le 28 juin.

Gérard Fillion cumule les publications et les années d’expérience. Il estime avoir plus de 14 ans d’expérience en gestion et il a publié plus de 70 travaux de recherche, dont plusieurs ont été primés.

Celui qui a été directeur du département de comptabilité est devenu vice-doyen de la de la faculté d’administration en 2011. Son premier mandat de vice-doyen se termine le 30 juin. On lui aurait laissé entendre qu’il avait des chances d’obtenir le poste de doyen pour lequel il a postulé. Au final, M. Fillion n’a pas été retenu.

Ajoutant de l’huile sur le feu, l’Université de Moncton aurait affiché le poste de vice-doyen à la faculté d’administration. Pourtant, la Politique de sélection des cadres de l’établissement acadien précise que le mandat d’un vice-doyen est renouvelable pour une durée maximale de cinq ans. Après avoir été débouté du poste de doyen, M. Fillion comptait bien profiter du renouvellement de son poste de vice-doyen. Or, on semble vouloir le «tasser». Il se sent lésé.

«Ce que je fais présentement, je ne le fais pas de gaieté de coeur. Je n’ai jamais fait ça dans ma vie. J’ai 60 ans. Je n’ai jamais été obligé d’attaquer quelqu’un en cour», a confié M. Fillion à l’Acadie Nouvelle.

Celui qui est arrivé comme professeur à l’Université de Moncton en 2003 passe par la Cour du Banc de la Reine pour obtenir gain de cause. Il veut l’annulation et la reprise du processus de sélection du poste de doyen de la faculté d’administration par un nouveau comité de sélection. Il demande aussi que l’affichage du poste de vice-doyen soit retiré.

«J’ai surveillé le processus de A à Z pour m’assurer qu’il n’y ait pas d’anomalie. J’en ai décelé plusieurs», a lancé le professeur titulaire en systèmes d’information organisationnels.

Dans le processus de sélection d’un cadre, des consultations sont menées afin d’éclairer le personnel et les étudiants qui peuvent voter afin de choisir leur candidat préféré pour le poste. Normalement, ces consultations sont enregistrées et publiées sur le Web. Ça n’a pas été fait ici, assure M. Fillion.

«Ils enregistrent toujours les consultations. Curieusement, ils ont oublié d’enregistrer cette consultation», a-t-il précisé.

Ce n’est là qu’un des cinq «vices de procédure» qu’aurait repérés le professeur.

«J’ai le droit de demander un autre mandat ici advenant que je n’obtienne pas le poste de doyen. J’ai l’intention de demander un autre mandat pour vice-doyen. C’est mon droit selon le règlement 9.1.01 de la Politique de sélection des cadres», a-t-il expliqué.

Toute cette situation le choque au plus haut point. Il ne s’en cache pas. L’atmosphère dans la faculté est assez froide, reconnaît-il, et ça pourrait se détériorer.

«Ils ont attendu la semaine d’études pour divulguer les résultats parce qu’il n’y a aucun étudiant ici et presque pas de professeurs. Ils savaient probablement que j’allais me fâcher. Quand j’ai reçu le résultat, j’étais vraiment choqué et sidéré d’une réponse comme ça», tonne le professeur.

De son côté, l’Université de Moncton affirme avoir suivi à la lettre les procédures de la Politique de sélection des cadres. Le conseil des gouverneurs de l’établissement devrait entériner son choix pour le poste de doyen le 16 avril.