La culture entrepreneuriale porte ses fruits dans les écoles du N.-B.

Matthis Pepin, Gerry Pond et Liane Roy on tous trois livré une allocution au sujet des bienfaits de l'entreprenariat en milieu scolaire. - Acadie Nouvelle: Anthony Doiron
Matthis Pepin, Gerry Pond et Liane Roy on tous trois livré une allocution au sujet des bienfaits de l’entreprenariat en milieu scolaire. – Acadie Nouvelle: Anthony Doiron

Le Nouveau-Brunswick a une longueur d’avance quant à l’implantation de la culture entrepreneuriale dans ses salles de classe, estime un chercheur postdoctoral. Matthias Pepin, souligne que la province a une vision beaucoup plus cohérente que d’autres pays.

Les potagers scolaires semblent porter leurs fruits. Depuis le lancement d’une série de projets pilotes dans une poignée d’écoles en 2005, la formule a porté ses fruits. L’élan s’est propagé dans les établissements scolaires aux quatre coins de la province.

Il y a eu une adhésion volontaire progressive, ce qui a favorisé l’efficacité de l’initiative, raconte le chercheur invité au Grand rassemblement de l’éducation en français (GREF), qui a débuté jeudi, à Moncton. Le thème de cette année est «S’entreprendre professionnellement en francophonie moderne et contemporaine.»

Plus de 400 éducateurs, agents de projets et acteurs en milieux scolaires de partout au Canada s’y sont donné rendez-vous pour entre autres discuter des bienfaits de cette tendance en éducation.

Il s’agit de favoriser le développement économique, explique Matthias Pepin, mais surtout de créer des individus entreprenants dans tous les aspects de leur vie.

«Tout débute avec une idée. Ensuite il faut se fixer un objectif, puis se donner les moyens de l’atteindre. Il y a de l’analyse de problème. Il faut encourager nos jeunes à trouver des solutions inédites. Nous formons les penseurs de demain.»

Ces projets prennent différentes incarnations, comme le potager scolaire de l’École La-Rivière de Pokemouche, aménagé dans une serre située à quelques pas de l’édifice. Grâce à cette initiative, les élèves peuvent acquérir des connaissances au niveau de la biologie et de la chimie, comprendre la place de l’agriculture en société, en plus de permettre l’approvisionnement de la cafétéria scolaire en légumes frais.

L’entrepreneuriat permet également de favoriser l’intégration des nouveaux arrivants, relate Émilie Haché, agente de liaison famille-école au Centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick (CAFI).

L’an dernier, des jeunes d’ailleurs ont collaboré avec des enfants acadiens pour la création d’un livre faisant la promotion des relations saines. Il est maintenant utilisé comme outil pédagogique.

«C’est très valorisant pour un enfant, et ça leur ouvre des portes. Ça leur donne envie d’aller plus loin et de se réaliser. C’est aussi très bénéfique pour la rétention scolaire», dit-elle.

«Les élèves sont beaucoup plus motivés à apprendre», ajoute Philippe McCaie, enseignant de sciences à l’École secondaire Assomption de Rogersville. L’an dernier, lui sa classe de 9e année ont évalué les coûts de l’éclairage des différentes salles à l’intérieur de l’école, à l’aide d’un outil et de plusieurs calculs.

«Ce sont les élèves qui ont monté le projet et fait le travail. Ils ont déterminé qu’il y aurait des moyens de rendre l’éclairage plus optimal, selon le besoin pour l’activité, de manière à épargner plusieurs milliers de dollars en électricité à l’école.»

La vague entrepreneuriale est également au cœur du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick. La présidente-directrice générale, Liane Roy, souligne que beaucoup d’efforts sont mis en place pour mieux outiller les diplômés de l’institution postsecondaire.

«Il n’y a pas de travail en silo. Notre vision a été de créer un environnement propice pour stimuler les valeurs entrepreneuriales, dont l’innovation. Les étudiants sont encouragés tout au long de leur formation à penser à l’extérieur de la boîte.»

Le plus important, souligne Matthias Pepin, est de maintenir une réflexion constante pendant l’action.

«Il faut réfléchir avant, pendant, et après l’action pour en tirer une valeur éducative maximale.»