La philosophie chez des enfants de 5 à 10 ans?

Doit-on enseigner la philosophie aux jeunes enfants? Absolument, selon deux intervenants en éducation qui croient que la philosphie en salle de classe pourrait révolutionner l’apprentissage.

Mathieu Lang, professeur au département d’éducation de l’Université de Moncton, croit que la philosophie pourrait améliorer la salle de classe chez les très jeunes.

Il dit qu’il serait bénéfique que la philosophie fasse partie d’un cours de français ou d’histoire, par exemple. Il n’écarte pas non plus l’idée d’un cours entièrement dédié à cette discipline.

«Les élèves qui ne sont a priori pas intéressés sont souvent ceux qui aiment le plus ces exercices. On remarque que chez les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage, la philosophie est très prometteuse, car elle est axée sur la pensée et le processus plutôt que sur la réponse ou le résultat», explique-t-il en entrevue.

Mathieu Lang a découvert le concept de la philosophie chez les jeunes enfants à l’Université Laval en 2002, lorsqu’il écrivait sa thèse de doctorat. C’est maintenant une initiative qu’il s’efforce de transmettre au Nouveau-Brunswick.

Selon lui, l’éducation philosophique ne peut faire autrement que d’aider les jeunes à mieux comprendre et à mieux penser.

«Là où on a implanté les programmes, les enseignants rapportent que ça bonifie les autres matières, ça encadre l’habileté à réagir, réfléchir, comprendre, etc. Ça augmente les habiletés cognitives et sociales», ajoute-t-il.

Il a d’ailleurs animé un atelier sur le sujet, vendredi dernier à Moncton, en compagnie de Kevin Arseneau, éducateur au primaire à Rogersville.

Dans le cadre du grand rassemblement des éducateurs francophones (GREF), des enseignants, suppléants, directeurs et éducateurs de toutes sortes ont discuté de philosophie chez les élèves âgés de 5 à 10 ans.

Ils ont entre autres exploré les moyens d’aborder cette discipline de manière amusante et des thèmes tels que les règles, la liberté, la conscience, les choix et la sécurité.

Des programmes de ce genre sont déjà en place à plusieurs endroits au Québec.

Kevin Arseneau amène déjà des notions de philosophie aux jeunes auxquels il enseigne.

«On ne peut pas encore quantifier la différence dans l’apprentissage des élèves. Ça prendrait des années d’études. Mais je vois déjà une différence dans les discussions des élèves», dit-il.

Le GREF, un évènement pancanadien

Le GREF a accueilli plus de 600 éducateurs dans un hôtel de Moncton, ce week-end. Il a donné place à plusieurs conférences sur l’état de l’éducation en français au Canada.

Parmi les conférenciers, Serge Rousselle, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, a souligné l’importance de l’éducation dans sa vie.

«Il est formidable de voir que, dans notre système, il est possible de s’adapter à chaque élève et d’individualiser l’éducation», a-t-il dit.

Selon Monique Boudreau, présidente du GREF, l’évènement de réseautage était à la fois une célébration de l’enseignement francophone au Canada et une sorte de colloque sur l’amélioration de l’enseignement.

«Lorsqu’on est en milieu minoritaire, on a une double mission. La réussite éducative bien sûr, mais également la contribution identitaire», a-t-elle dit.

Description:” Debout à droite, Kevin Arseneau discute de philosophie avec des intervenants du milieu de l’éducation”- Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau. Vendredi 6 mai 2016, Moncton.