TDAH: plus de ressources sont nécessaires

Plus d’un million de Canadiens sont aux prises un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Si la condition est mieux comprise aujourd’hui, elle est trop rapidement médicamentée, faute de ressources alternatives suffisantes, selon un pédagogue.

Jérôme Mariaud connaît bien les troubles de l’apprentissage chez les enfants. Le TDAH est pour lui un besoin d’outils, de ressources, afin de faciliter l’assimilation des connaissances. Ce qu’il faut éviter, explique-t-il, c’est de lancer des pilules à outrance sur cette condition; un réflexe beaucoup trop commun en milieu scolaire.

«Dès qu’un enseignant observe qu’un élève est un peu trop rêveur ou hyperactif, il demande tout de suite un diagnostic. Le neuropsychologue va guider le parent vers un pédiatre, qui, ensuite, va tout de suite recommander la médication. Il y a des alternatives, beaucoup plus efficaces.»

Le pédagogue était de passage à Moncton dimanche, dans le cadre du salon TDAH. L’événement a rassemblé des professionnels de la santé et intervenants du milieu pour discuter du TDAH et mieux faire connaître les besoins pour la préparation d’offre de nouveaux services.

Le TDAH est une condition héréditaire. La personne qui en est atteinte peut avoir un certain degré de difficulté à se concentrer sur une même tâche, et même démontrer des signes d’hyperactivité, ce qui devient problématique en milieu scolaire, ou l’enfant doit demeurer assis, entre quatre murs, pendant plusieurs heures.

Des outils et techniques d’apprentissage doivent être mis à la disposition de la personne atteinte de TDAH, afin de lui permettre de focaliser, explique Jérôme Mariaud. Comparativement au Québec, poursuit-il, les ressources pour les parents d’enfants aux prises avec le TDAH au Nouveau-Brunswick ont besoin d’être développées davantage.

«On nous dit que c’est délicat. Il y a certains centres d’apprentissage présents, certaines ressources qui s’offrent aux gens qui en ont besoin, mais plus seraient nécessaires.»

Un constat partagé par Christelle Babin superviseure et coordonnatrice du Centre Hébert. Situé à Dieppe, le centre offre toute une gamme d’interventions visant à favoriser le développement cognitif des enfants, adolescent et adulte, qu’ils aient des troubles d’apprentissage en raison de l’autisme, de trisomie 21, ou du TDAH. Les spécialistes font des interventions en milieu préscolaire, grâce à un fond du gouvernement, mais offrent aussi un service privé.

En tout, c’est une centaine d’interventions qui sont réalisées chaque année dans le sud-est de la province, en plus de quelques-unes à distance.

«C’est sûr, que nous, on entend souvent qu’il y a manque de ressource de la part de parents. Avec le nombre de personnes qui sollicite nos services, c’est très clair qu’il y a une demande importante.»

Un problème fréquent chez les parents d’enfants aux prises avec le TDAH est ce sentiment d’isolement. Plusieurs pensent être les seuls à faire face aux défis que la condition apporte, explique Christelle Babin.

«Il y a aussi un certain tabou, parce que ces gens-là sont souvent d’apparence désorganisée. C’est simplement qu’ils ont des besoins différents.»

Une mère d’un enfant aux prises avec avec le TDAH souhaite justement créer un groupe d’appui aux parents. Ginette Cormier discutait du manque de ressource avec une amie, autour d’un verre de vin, lorsque l’idée lui est venue.

Vivre avec un enfant atteint de cette condition comporte son lot de défis. Le plus dur, explique-t-elle, c’est d’avoir le sentiment d’être seule au monde dans ce combat.

«Souvent comme parent, on se sent dépassés. Pour bien gérer le TDAH, il faut être informé, mais ce n’est pas toujours le cas.»

Le groupe, GAP-TDAH, sera officiellement lancé en septembre. Un partenariat a d’ailleurs été conclu avec l’Association canadienne du TDAH, explique la mère.

«De cette manière, on sera en mesure d’avoir des experts du milieu, des enseignants ressources, des conférenciers, pour donner de la formation. Les parents pourront aussi discuter entre eux, apprendre les uns des autres. J’espère que ça permettra aux parents de mieux gérer tout ça.»