La décision de nommer une ministre responsable des affaires celtiques est un «gros bordel» selon le Dr Stewart Donovan, professeur et coordinateur des études irlandaises de l’Université St Thomas.

Si le premier ministre Gallant se réjouit de reconnaître le patrimoine irlandais au sein de la province, le Dr Donovan trouve plutôt que le gouvernement a fait un faux pas.

«C’est une erreur de la part du gouvernement. Ça ne devrait pas relever d’un ministre, mais bien se retrouver dans le ministère du Tourisme, Patrimoine et Culture. Il n’est pas nécessaire d’avoir un département spécifiquement pour ça.»

De son côté, Brian Gallant croit «qu’il est important d’avoir un ministre pour les affaires celtiques. C’est une belle façon pour nous d’avoir une approche de coordination pour les investissements que nous faisons au nombreux festival que le gouvernement appuie.»

M. Gallant explique aussi sa décision en affirmant qu’environ 40% des Néo-Brunswickois sont de descendance irlandaise, écossaise ou galloise.

«C’est une excellente façon pour nous d’essayer et d’assurer que l’on célèbre l’histoire de notre province.»

À l’inverse, David Coon, chef du parti Vert, juge que l’ajout de cette responsabilité est inutile.

«Nous n’avons absolument pas besoin de ministre pour les affaires celtiques. Lorsqu’on ouvre cette porte, on peut commencer à créer des ministres pour n’importe quel autre groupe dans la province. Il aurait été juste de l’ajouter au ministère du Tourisme, Patrimoine et Culture, mais avoir un ministre, ce n’était vraiment pas nécessaire.»

Le professeur de droit Michel Doucet a également commenté la nouvelle sur Twitter.

Lui-même d’origine irlandaise, le Dr Donovan craint que l’approche du gouvernement ne fasse que creuser l’écart entre les francophones et les anglophones.

«Il ne faut pas créer plus d’hostilité entre les clans linguistiques, il y en a déjà assez. Le danger d’une nouvelle comme celle-là, c’est qu’elle nous éloigne des problèmes politico-linguistiques qui sont plus importants.»

M. Coon aurait préféré que le gouvernement libéral nomme des ministres pour les jeunes ou encore pour les logements abordables, qui pour lui représentent «des problèmes importants.»

«C’est manifestement une décision politique, dénonce-t-il. Il y a visiblement de la pression sur le gouvernement concernant les langues officielles et je crois qu’il essaie d’envoyer un message comme quoi ils appuient les anglophones aussi. La réalité c’est que ça n’a rien à voir avec les anglophones.»

«Ce dont les Irlandais ont besoin, c’est une reconnaissance au niveau de la culture et du patrimoine. Ils n’ont aucunement besoin d’une reconnaissance politique, comme c’est le cas des Acadiens qui en ont besoin dans leur situation minoritaire, comme en éducation», affirme M. Donovan.

– Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue  

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle