Congédiement de Rino Volpé: la cause devant les tribunaux

Le bras de fer entre Rino Volpé et le gouvernement provincial s’est retrouvé devant les tribunaux, mercredi à Moncton. L’ex-PDG du Réseau de santé Vitalité, congédié en 2014, réclame 1,3 million $ en dommages et intérêts.

Rino Volpé, nommé en février 2013 par les progressistes-conservateurs à la tête de la régie de la santé francophone, a été mis à la porte en novembre 2014 par le nouveau ministre de la Santé, le libéral Victor Boudreau.

Il a depuis intenté une poursuite contre le gouvernement provincial en Cour du Banc de la Reine pour congédiement injustifié. Mercredi, la première manche de ce qui pourrait être une longue lutte juridique s’est jouée au palais de justice de Moncton.

La juge Tracey K. DeWare a entendu la requête de jugement sommaire déposée par les avocats de M. Volpé. En gros, ils ont demandé à la Cour de trancher en se fiant seulement sur la preuve et sur des plaidoyers. Une telle décision éviterait la tenue d’un procès.

«Nous, évidemment, ce qu’on espère, c’est que Rino (Volpé) et son épouse puissent tourner la page sur ceci dès que possible», a expliqué l’un de ses avocats, Me Ronald Caza, en mêlée de presse à l’extérieur du palais de justice au terme de l’audience.

En cour, ce dernier a argumenté longuement que son client a été mis à la porte injustement, qu’on l’a «envoyé à l’échafaud» sans l’aviser que son travail ne faisait pas l’affaire et sans lui donner l’occasion de s’expliquer.

Déclarations sous serment d’ex-ministres progressistes-conservateurs et de dirigeants de Vitalité à l’appui, il a dépeint Rino Volpé comme un gestionnaire au caractère fort qui a fait ce que le gouvernement provincial lui avait demandé, soit de redresser le Réseau de santé Vitalité.

La version des faits présentée par l’une des avocates du gouvernement, Me Isabel Lavoie Daigle était évidemment diamétralement opposée. Le ministre de la Santé avait raison de congédier Rino Volpé puisque ce dernier avait violé son contrat, a-t-elle avancé.

Citant elle aussi des déclarations sous-serment de hauts fonctionnaires, d’une leader syndicale et du PDG de la régie de santé anglophone, elle a présenté l’ex-PDG de Vitalité sous un tout autre jour. Il était un dirigeant qui n’était pas porté à la communication et à la collaboration, a-t-elle illustré.

Me Lavoie Daigle a aussi tenté de convaincre la juge qu’une poursuite telle que celle intentée par Rino Volpé ne peut être réglée par un jugement sommaire rendu après une audience d’une seule journée.

Elle a argumenté que la tenue d’un procès en bonne et due forme est nécessaire afin que des témoins soient appelés à la barre et que la preuve puisse être décortiquée comme il le faut.

Les deux parties ont terminé leurs plaidoyers en fin d’après-midi. La juge Tracey K. DeWare a pris la requête de jugement sommaire en délibéré en indiquant qu’elle prévoit rendre sa décision d’ici le début septembre.

On saura alors si elle donne raison à Rino Volpé ou si la juge DeWare estime que l’affaire doit être réglée au terme d’un procès.

Les avocates représentant le gouvernement n’ont pas souhaité faire de commentaires au terme de l’audience.