Plus de 3000 employés du secteur de l’éducation auront droit à une augmentation de salaire «considérable» en vue d’atteindre l’équité salariale. Cette mesure permettra à plusieurs femmes de sortir de la pauvreté, selon leur représentante syndicale.

La ministre des Finances, Cathy Rogers, a annoncé jeudi matin que la province allait verser 35 millions $ sur six ans aux employés de soutien en éducation dont 98% sont des femmes.

Les employées touchées sont les assistantes en éducation, les intervenantes scolaires, les préposées des bibliothèques scolaires et les adjointes administratives dans les écoles.

Le employées de soutien en éducation sont en ce moment en négociation avec le gouvernement afin de conclure une nouvelle entente collective.

Selon leur contrat de travail précédent qui est arrivé à échéance en février 2013, elles gagnent entre 13,95 $ l’heure et 22,47 $ l’heure. Toutefois, plusieurs d’entre elles travaillent moins de 35 heures par semaine malgré leurs revendications de longue date auprès du gouvernement.

«Cette annonce témoigne de notre engagement à améliorer l’équité salariale dans l’ensemble de l’appareil gouvernemental. Je suis ravi que nous fassions cet important pas en avant afin de remplir cet engagement», a déclaré la ministre Rogers au nom de son collègue du Conseil du trésor, Roger Melanson.

La somme de 35 millions $ a été calculée au terme d’un exercice d’équité salariale qui comprend l’évaluation des emplois typiquement féminins en comparaison à la rémunération d’emplois typiquement masculins de valeur égale.

Les employés de soutien en éducation recevront tout d’abord un rajustement forfaitaire rétroactif pour les quatre dernières années, puis des hausses salariales semestrielles durant six ans.

«C’est une augmentation considérable», a assuré la ministre Rogers. Fredericton n’a pas voulu dévoiler plus de détails sur les hausses de salaire prévues avant que la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique ait la chance de partager l’information avec ses membres.

L’équité salariale aura un impact immense sur la vie des employées de soutien en éducation, selon la présidente du syndicat.

«Certaines d’entre elles n’auront plus besoin d’aller à la banque alimentaire», avance Theresa McAllister. «Beaucoup, beaucoup d’entre elles vivent dans la pauvreté.»

Les hommes qui occupent ces emplois, bien que peu nombreux, verront également leur salaire rajusté à la hausse.

Encore du pain sur la planche

Malgré l’ampleur de la mesure, il reste encore beaucoup de travail à faire dans de nombreux secteurs, prévient la directrice générale de la Coalition pour l’équité salariale (dont la ministre Rogers faisait partie avant de se lancer en politique).

Johanne Perron déplore notamment que les employées de soutien en éducation doivent attendre encore six ans avant d’atteindre la véritable équité salariale.

«Nous aurions souhaité que les versements soient déjà complétés», dit-elle tout en félicitant le gouvernement pour avoir «pris au sérieux son engagement» électoral.

Malgré l’adoption de la Loi sur l’équité salariale en 2009, certains groupes de métiers typiquement féminins au sein de l’appareil public comme les sténographes judiciaires n’ont toujours pas complété le processus.

Le secteur parapublic comme les foyers de soins spéciaux, ainsi que le secteur privé ne sont pas assujettis à la loi, note également Mme Perron.

«Il faut une loi (pour le secteur privé). Nous en sommes convaincues.»

Durant la conférence de presse, la ministre des Finances a «encouragé» les employeurs du secteur privé à «examiner l’écart salarial au sein de leurs organisations» sans toutefois s’avancer sur une possible loi pour les obliger à agir.

Cathy Rogers assure que les groupes qui n’ont pas encore complété le processus d’équité salariale au sein du gouvernement sont sur le point de le faire.

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