Une semaine après le dépôt de l’accablant rapport de la commissaire Katherine d’Entremont, le gouvernement provincial n’a toujours pas réagi aux critiques entourant son plan visant à assurer le respect de la Loi sur les langues officielles.

Le juriste Michel Doucet tire la sonnette d’alarme. Il dénonce le silence du gouvernement libéral dans ce dossier.

Le rapport annuel de la Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a été présenté à un comité de l’Assemblée législative, le 21 juin.

Deux jours plus tard, le ministre responsable des Langues officielles, Donald Arseneault, s’est engagé à «prendre le temps nécessaire pour examiner les recommandations de la commissaire». Il a réitéré cette promesse dans un courriel envoyé à l’Acadie Nouvelle au début de la semaine.

Selon Me doucet, le gouvernement a eu droit à un temps «amplement suffisant pour avoir lu le rapport et avoir formulé une réaction initiale». Il demande aux libéraux, plus spécifiquement au premier ministre Brian Gallant, de réagir dans les plus brefs délais.

«Je ne voudrais pas que ce rapport-là soit mis sur une tablette quelque part et qu’on l’oublie. Il y a quand même des commentaires assez sévères, notamment sur le plan de mise en oeuvre sur les langues officielles de la province.»

Mme d’Entremont avance que les mesures énoncées dans le plan ne permettront pas d’assurer une égalité d’usage du français et de l’anglais dans les services publics. Elle ajoute qu’il ne contient pas de mesures pour améliorer la capacité bilingue des hauts fonctionnaires et qu’il ne permettra pas aux fonctionnaires de travailler et d’être supervisés dans la langue de leur choix.

«Est-ce que le gouvernement a l’intention d’écouter le rapport de la commissaire et de faire un nouveau plan qui serait conforme à la loi? Ou est-ce que la province a l’intention de ne rien faire et d’attendre qu’on se retrouve devant les tribunaux avec cette question là?» s’interroge Me Doucet.

«Ce qui m’inquiète, c’est que dans les années passées, soit le gouvernement rejetait du revers de la main le rapport rapidement, soit il l’ignorait simplement.»

Les relations entre le gouvernement provincial et la commissaire ont été tendues au cours de la dernière année. En juin 2015, le ministre Arseneault avait rejeté sans hésitations la recommandation de Mme d’Entremont selon laquelle le bilinguisme devrait être un prérequis pour être nommé à un poste de haut fonctionnaire.

Plus tard dans l’année, la commissaire a fait l’objet de nombreuses critiques par rapport à la façon dont elle a fait son travail dans un dossier entourant un gardien de sécurité unilingue.

Compte tenu de ces deux événements, en plus du délai qu’il juge trop long à réagir au plus récent rapport de la commissaire, Me Doucet remet en question la volonté de Fredericton à améliorer l’égalité entre les deux communautés linguistiques.

«Ça démontre que les langues officielles, dans le sens d’assurer une plus grande égalité entre les deux communautés linguistiques, ne sont probablement pas une priorité à Fredericton.»

Dans son courriel envoyé à l’Acadie Nouvelle mardi, un porte-parole du ministère responsable des Langues officielles a rappelé que «le gouvernement provincial s’est engagé vis-à-vis le bilinguisme» et qu’il reconnaît «les avantages importants qui viennent d’être une province bilingue».

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