Exclusif – Mauvaise gestion: l’ancien maire de Beaubassin-Est rejette les critiques

L’ancien maire de la Communauté rurale de Beaubassin-Est rejette les accusations de mauvaise gestion des fonds publics. Il lance la pierre à la directrice générale, affirmant que c’est son absence qui a occasionné les dépenses de près de 60 000$ encourus par la municipalité.

Jean-Albert Cormier ne mâche pas ses mots. Il déplore que le nouveau conseil municipal de la CRBE s’adonne à «de la politique de bas niveau», en tentant de lui faire porter l’odieux de dépenses jugées inévitables.

Les nouveaux élus ont dénoncé les dépenses «excessives» de l’ancienne administration, lors de la dernière réunion régulière du conseil municipal.

Jean-Albert Cormier a contacté l’Acadie Nouvelle en souhaitant remettre les pendules à l’heure.

Alors que Christine LeBlanc a annoncé son retour d’un congé maladie prolongé le 21 mars, elle aurait tenté d’imposer les conditions de son retour au travail aux élus.

«[…] je ne participerai à aucune rencontre avec le maire et (les) membres du conseil, ce qui comprend les réunions du conseil et de ses comités pendant les prochaines semaines», a-t-elle écrit dans un courriel envoyé le 16 mars, dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie.

Les conseillers lui ont demandé une ordonnance médicale justifiant ses demandes, ce qu’elle n’aurait pas fourni immédiatement.

Le comité d’élus chargé de traiter des dossiers de ressources humaines a alors avisé la directrice générale de ne pas retourner au bureau pour une période indéterminée, et qu’elle «maintiendrait son salaire et ses indemnités, en attendant l’analyse de la situation».

Envoyée le 21 mars, la communication est signée par le consultant Pierre LaForest, embauché pour s’occuper de certains dossiers relevant de la directrice générale, pendant son absence.

«Le conseil a consenti à lui verser le plein salaire et bénéfice en attendant que les informations demandées soient reçues,» indique M. Cormier.

Il estime que la directrice générale n’a jamais été «suspendue», comme l’avait rapporté l’Acadie Nouvelle, mais plutôt «accommodée». La documentation médicale a été reçue à la mi-avril, trop tard pour qu’une décision ne soit prise avant les élections municipales du 9 mai, explique-t-il.

Christine LeBlanc a finalement réintégré ses fonctions au début juin, après un arrêt de travail rémunéré de plus de 80 jours.

L’arrêt de travail rémunéré de la directrice générale (environs 12 000$), les heures supplémentaires des autres employés de l’hôtel de ville (environs 3500$), ajoutés aux frais de Pierre LaForest (29 636$), aux frais compensatoire des élus pour la tenus de réunions extraordinaires (4800$), et aux coûts de consultations juridiques auprès de l’avocat J. André Daigle pour divers dossiers – dont celui de la directrice générale – (9209,50$), a finalement coûté plus de 60 000$ à la CRBE.

«Il est important de noter que la CRBE a reçu six projets de demandes de zonage. Ceci est hors de l’ordinaire. C’est compliqué à traiter, surtout lorsque certains sont fortement contestés», souligne l’ancien maire.

Jean-Albert Cormier affirme que l’ancien conseil municipal de la CRBE a pris les décisions qui s’imposaient et maintient que les coûts engendrés sont attribuables à l’absence de directrice générale.

«Il fallait bien payer les gens pour faire le travail qui devait être effectué. Nous avons toujours fait de notre mieux et agi pour le bien de la municipalité», conclut-il.

L’Acadie Nouvelle a tenté de contacter Christine LeBlanc, mais nos démarches n’ont pas porté leurs fruits.