Hôpital de Campbellton: l’urgence est très occupée

Mieux vaut éviter l’urgence de l’Hôpital de régional de Campbellton par les temps qui courent. Il est aux prises avec un engorgement à l’urgence et une pénurie de lits disponibles sur ses différents planchers.

La situation est telle en fait que le Réseau de santé Vitalité recommande d’éviter autant que possible de se présenter à l’urgence, question d’alléger l’achalandage et lui permettre de lutter contre un temps d’attente qualifié d’inhabituel.

Marcel Arseneau et sa conjointe, tous deux de Campbellton, ont appris cette triste réalité à leurs dépends en fin de semaine. Devant consulter un médecin pour problème de santé, le couple a été confronté à une urgence bondée, un personnel surchargé et des corridors remplis de patients sur des civières, faute de lits disponibles sur les étages. Et on est pourtant loin de la haute saison grippale.

«Ce n’est pas du tout une critique envers le personnel. On a été bien traité. Cela dit, j’ai beaucoup de difficulté à comprendre comment il se fait qu’on en soit arrivé à cette situation, qui plus est en plein été», explique M. Arseneau.

La réponse à sa question est venue lundi du Réseau de santé Vitalité. On attribue en effet la situation actuelle à un taux d’occupation très élevé des lits combiné à une forte augmentation des visites à l’urgence.

«C’est une situation sérieuse qui perdure depuis un peu plus de deux semaines», confirme Jean-René Noël, porte-parole du Réseau de santé Vitalité.

Il ne précise pas pourquoi le réseau a attendu à lundi avant de rendre le tout public alors que la situation préoccupe depuis plusieurs semaines.

«On est très occupé en ce moment à l’hôpital. Il n’y a toutefois pas lieu de s’alarmer, on fait tout en notre pouvoir pour régler la situation. Tout cela est dû à un ensemble de facteurs circonstanciels. On évalue la situation tous les jours, mais c’est très difficile de dire quand elle va se résorber. Ça peut revenir à la normale très vite, avec un peu de chance d’ici quelques jours», indique le porte-parole.

Selon Vitalité, la cause première de la pénurie de lits serait attribuable à la pression des patients aînés en attente d’hébergement dans un foyer de soins ou un foyer de soins spéciaux. Sur les 146 lits actuels de l’établissement – tous ouverts –, 44 seraient occupés par cette clientèle.

«Cette situation pose un défi énorme de gestion de nos ressources pour offrir les services aux patients nécessitant des soins à court terme», a souligné par voie de communiqué la vice-présidente par intérim aux Services cliniques, Johanne Roy.

La situation à l’établissement hospitalier serait aussi en partie attribuable aux défis reliés au manque de personnel et à la période des vacances estivales des employés.

Parmi les solutions envisagées, faire appel à du personnel supplémentaire pour pallier aux besoins pressants actuels et vérifier plus attentivement les patients pouvant recevoir leur congé (question de libérer des lits). En attendant, pour alléger l’urgence, la direction du Réseau de santé Vitalité demande aux personnes dont l’état ne nécessite pas de soins urgents de prendre rendez-vous avec leur médecin de famille, de se rendre à une clinique sans rendez-vous ou de communiquer avec le service Télé-Soins.

Ceci dit, il rappelle que le service fonctionne comme d’habitude et est toujours disponible pour les personnes qui nécessitent des soins urgents et veulent consulter un médecin.

La situation est-elle unique à l’Hôpital de Campbellton?

«Pour l’instant, je n’ai pas eu d’écho m’indiquant que d’autres établissements vivent la même problématique», indique Jean-René Noël.

Pour ce qui est du cas de M. Arseneau, l’histoire se termine bien. Sa conjointe a pu être hospitalisée dans un lit vacant du département de maternité.

«On a craint le pire, car à un moment, on nous a laissés entendre qu’on devrait peut-être patienter quelques jours avant d’avoir une place. Je suis content que ce ne fût pas le cas», raconte-t-il.

Comme si le personnel de l’Hôpital de Campbellton n’était pas suffisamment occupé, celui-ci a dû répondre, lundi matin, à un code d’urgence après qu’un patient de l’Unité de psychiatrie ait réussi à prendre la poudre d’escampette.

«L’individu se trouvait dans une chambre au deuxième étage de l’établissement. Il a fracassé une fenêtre et réussi à s’échapper en sautant», confirme M. Noël. L’homme aurait atterri sur le toit de la machine mobile d’IRM avant de s’enfuir. Les policiers ont toutefois été rapides à lui remettre la main au collet et a le ramener à l’Unité de psychiatrie.