Le N.-B. pourrait facilement réduire ses émissions de gaz à effet de serre

Le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick affirme que son plan d’action sur le climat pourrait générer jusqu’à 500 millions $ et créer 7500 emplois. L’organisme a dévoilé le document mercredi alors qu’un comité spécial formé de trois partis politiques s’apprête à entamer une série d’audiences publiques.

Après la Conférence de Paris de 2015 sur le climat, Ottawa a entamé des négociations avec les provinces afin d’établir leur contribution à l’objectif national de réduction des gaz à effet de serre (GES). Au total, le gouvernement fédéral a l’intention de réduire, d’ici 2030, les émissions du Canada à 30% en deçà des niveaux de 2005.

Alors que la fin de la période des négociations approche – la prochaine conférence mondiale sur le climat aura lieu du 7 au 18 novembre à Marrakech, au Maroc -, le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick offre des conseils au gouvernement de Brian Gallant.

Dre Louise Comeau estime que le Nouveau-Brunswick se trouve en bonne posture pour les négociations. Elle souligne le grand potentiel d’amélioration en matière d’émissions de GES dans la province. Des investissements dans des infrastructures verts auront un impact significatif sur le climat, jure-t-elle.

«Nous avons le troisième taux d’émission par personne au pays. Nos édifices sont vieillissants, ce qui veut dire que nous avons un grand potentiel pour les réductions à faible coût. De plus, nous avons du charbon dans notre système électrique, qui doit être éliminé graduellement», affirme la directrice des solutions sur les changements climatiques et l’énergie.

Le conseil suggère au gouvernement provincial de réaffirmer son engagement à réduire les GES dans la province par 35% à 45%. Cela représente environ 6,5 millions de tonnes. En échange, il doit demander un financement fédéral de 130 à 195 millions $, ou 20$ à 30$ la tonne.

Rappelons que l’été dernier, Fredericton s’était engagée avec le reste des membres de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada à réduire, d’ici 2030, ses émissions d’au moins 35 à 45 % en deçà des niveaux de 1990.

En plus d’une réduction des émissions, le groupe de Dre Comeau suggère au gouvernement provincial d’imposer un prix de 20$ à 30$ sur 80% des émissions. Cela générerait 238 à 357 millions $ à court terme. Cette somme diminuerait d’année en année, à mesure que la province réduit sa dépendance aux énergies fossiles.

Ces mesures pourraient créer jusqu’à 7500 nouveaux emplois dans la province, avance le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick.

Dans son plan sur le climat, le groupe de Dre Comeau élabore une stratégie détaillée visant à atteindre ces ambitieux objectifs. Il calcule qu’en misant sur vers l’énergie verte, la province peut réduire ses émissions de 3,3 millions de tonnes. En investissant dans l’infrastructure écoénergétique, elle les réduira de 3,2 millions de tonnes additionnelles.

Le conseil calcule d’abord qu’en éliminant sa dépendance au charbon d’ici 2030, le gouvernement réussira à atteindre 40% de l’objectif de réduction de 6,5 millions de tonnes de GES.

Il recommande à la province d’offrir des incitatifs afin d’augmenter le nombre de véhicules électriques sur les routes à plus de 140 000 d’ici 2030, ce qui représente un potentiel de 500 000 tonnes de GES.

Il propose d’investir dans la rénovation des immeubles, en commençant avec le logement social à faible revenu. Il suggère aussi d’investir dans les énergies solaire et éolienne.

Le Comité spécial sur le changement climatique du Nouveau-Brunswick, un groupe formé de trois partis politiques, prépare une série d’audiences publiques. Jeudi et vendredi, il va entendre les experts en la matière à Fredericton.