À la recherche des pouvoirs infinis de la pensée…

Dans un laboratoire informatique situé au 5e étage de l’Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS), un jeune étudiant en ingénierie fait de la recherche qui semble sortir tout droit de la science-fiction. Elle pourrait un jour permettre aux personnes qui sont dans l’impossibilité de parler ou de bouger de communiquer avec les autres grâce à la seule pensée.

 

Sous la supervision du professeur Sid Ahmed Selouani, François-Guillaume Landry, de Dieppe, travaille dans le laboratoire LARIHS à Shippagan depuis ce printemps.

Le but de la recherche consiste à trouver des moyens d’accéder aux signaux du cerveau responsables de la parole pour les transmettre sur un ordinateur sans que l’utilisateur parle, explique Sid Ahmed Selouani, vice-recteur de l’UMCS et professeur en gestion de l’information.

«Les premiers qui pourraient profiter de ça, ce sont les personnes handicapées qui sont dans l’incapacité de parler ou de bouger. On entend souvent parler de la sclérose, une maladie ou la personne perd la motricité totale. Pour ces personnes, s’ils pouvaient simplement penser aux paroles qu’elles souhaitent énoncer, ça les aiderait beaucoup à communiquer», détaille François-Guillaume Landry.

Dans le laboratoire, le jeune homme nous fait une démonstration d’une technologie en pleine expansion. En installant des capteurs sur la tête, il parvient à contrôler le mouvement d’un bloc avec la pensée sur un écran d’ordinateur. Il contrôle également un avatar sur l’écran avec les mouvements du visage. Lorsqu’il sourit, l’avatar sourit. Lorsqu’il cligne les yeux, le personnage ferme et ouvre ses paupières.

«Au début, je ne savais pas exactement sur quoi j’allais travailler, mais essentiellement, c’est beaucoup l’analyse de signaux et c’est un domaine qui m’intéresse pas mal», dit-il.

Les chercheurs sont encore loin d’atteindre leurs objectifs, mais la technologie évolue rapidement. Un chercheur américain de l’université Arizona State réussit déjà contrôler partiellement des drones avec la pensée et un casque doté de capteurs.

«Nous sommes dans le domaine du possible, renseigne M.Selouani. Pour l’instant, nous sommes loin de la transcription directe de phrases, mais je suis optimiste. Ça va venir.»

«Par rapport aux interfaces du cerveau, ce n’est pas si compliqué. Il s’agit de recueillir les signaux électriques générés par le cerveau. Aujourd’hui, la technologie le permet.»

Avec le temps, la technologie va continuer à se perfectionner.

«Avant pour travailler avec un ordinateur, il fallait être un expert. Je fais partie de la génération qui a travaillé avec MS Dos. Aujourd’hui l’interaction est plus intuitive. On travaille maintenant avec des écrans tactiles. Avec la voix, je peux demander des renseignements à Siri. L’interaction est devenue naturelle. Nous ne sommes plus obligés de connaître la programmation nécessairement.»

L’UMCS a beau être implantée dans une ville de quelque 2600 personnes, l’établissement veut continuer à se démarquer. Sid Ahmed Selouani tient à démontrer qu’il est possible de réaliser de grandes choses dans un petit milieu. L’important est d’avoir des gens motivés.

«Nous avons maintenant accès aux meilleurs experts du monde. Il est possible de suivre des webinaires de la MIT, de la Silicon Valley et tout ça. Il n’y a plus vraiment de petites ou de grandes places pour la recherche. Il faut juste les moyens et des gens motivés. La Silicon Valley avant, c’était un lieu perdu. Ç’a commencé comme ça, mais ce sont des jeunes motivés qui ont fait la différence.»