Fête de Sainte-Anne: des pèlerins marchent d’Inkerman à Caraquet

Il est 9h30. Livain Benoît vient de terminer une marche d’un peu moins de 30 kilomètres. Malgré tout, son moral demeure très élevé. Il a fait partie d’un groupe de pèlerins qui ont parcouru à pied un trajet entre Inkerman et Caraquet pour marquer le 26 juillet, le jour de la fête de Sainte-Anne.

 

Le groupe de quelque 16 pèlerins a quitté Inkerman à minuit. Une autre dizaine s’est greffée au groupe en matinée à l’église Saint-Pierre-aux-Liens de Caraquet. Malgré la distance à parcourir, les marcheurs s’entraident pour qu’ils puissent accomplir leur objectif. Il s’agit aussi d’un moment de recueillement spirituel.

Les prêtres se préparent à célébrer la messe de la fête de Sainte-Anne, mardi, à Caraquet. - Acadie Nouvelle: David Caron
Les prêtres se préparent à célébrer la messe de la fête de Sainte-Anne, mardi, à Caraquet. – Acadie Nouvelle: David Caron

«On dirait que quand tu es un groupe comme ça, tu deviens plus fort. La prière nous aide beaucoup. On chante, on prend des pauses, on récite le chapelet. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli. On reçoit du mal (pendant la marche), mais c’est le mal des gens qui sont malades», dit Livain Benoit.

La neuvaine au sanctuaire de Sainte-Anne-du-Bocage se termine mardi à Caraquet. Des milliers de fidèles ont assisté à l’une des célébrations eucharistiques depuis le début de la neuvaine. Mardi, près de 10 000 personnes étaient attendues au cours de la journée, indiquent les organisateurs. Plusieurs d’entre eux sont arrivés avant 8h00. Une messe de clôture aura lieu en soirée.

La neuvaine est une tradition de longue date pour Chantal Paulin, résidante de Pokemouche. La femme âgée de 54 ans prend part à l’événement depuis l’âge de 4 ans. Depuis quelques années, elle est membre du comité d’accueil, mis sur pied par les Filles d’Isabelle.

«On accueille les gens et on aide les personnes qui en ont besoin pour se rendre aux bancs et ainsi de suite.»

Auréla Chiasson est également membre du comité d’accueil. Elle conserve des souvenirs des pèlerinages qu’effectuait sa famille lors de sa jeunesse. Jusqu’à 40 personnes pouvaient s’entasser à l’arrière d’un gros camion et faire le voyage d’Allardville à Caraquet.

«Mon frère avait des camions pour transporter le bois. Il plaçait des gros cadres et une toile. Il plaçait des bancs. Il ne fallait pas trop courir en arrière. Nous étions les oncles, les tantes, les enfants. On passait la journée ici. (…) Mes parents sont décédés, mais je continue de venir ici.»

Le message d’espoir de Jonathan Sonier

Jonathan Sonier, en compagnie de quelques bénévoles de la neuvaine de Sainte-Anne à Caraquet. - Acadie Nouvelle: David Caron
Jonathan Sonier, en compagnie de quelques bénévoles de la neuvaine de Sainte-Anne à Caraquet. – Acadie Nouvelle: David Caron

La moyenne d’âge des pèlerins qui assistent à la neuvaine est plutôt élevée, mais certains jeunes visages se sont démarqués dans la foule.

Jonathan Sonier, âgé de 27 ans, poursuit ses études à Montréal afin d’un jour devenir prêtre.

«C’est dans moi depuis ma jeunesse. Mes parents m’ont dit que lorsque nous allions à la messe, je me tenais debout sur le banc pour voir en avant. J’avais toujours mon recueil de prières même si je ne savais pas encore lire», explique-t-il.

Après les études à l’école secondaire, Jonathan Sonier est toutefois passé par d’autres chemins avant d’obéir à sa vocation.

«J’ai un long parcours», lance-t-il. «En fait, j’ai commencé en 2007 à l’Université de Moncton pour commencer un bac en éducation. Dès la première session, je savais que ce n’était pas pour moi. J’ai parlé avec des conseillers en orientation et cette idée me revenait toujours.»

Même si plusieurs de ses pairs abandonnent l’Église catholique, la religion constitue un phare dans les ténèbres pour Jonathan Sonier, qui permet d’illuminer la voie, particulièrement à une époque où les attentats semblent se multiplier dans le monde.

«Je pense qu’on peut trouver un moyen d’annoncer ce que le Christ est venu nous annoncer d’une nouvelle façon. Dans le fond, c’est un message de paix et d’amour. C’est un message qui résonne et on a vraiment besoin de ce message en ce moment.»