Tordeuse des bourgeons de l’épinette: des nuées de papillons envahissent le ciel

Les nuées de papillons qui ont envahi tôt lundi un concessionnaire automobile du chemin Val-d’Amour à Campbellton sont loin de surprendre les spécialistes qui surveillent de près les migrations de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

De l’avis de certains experts de la Choristoneura fumiferana consultés par l’Acadie Nouvelle, sa présence en grand nombre dans le nord du Nouveau-Brunswick n’aura pas de fâcheuses conséquences à long terme.

«D’un point de vue économique, ça peut s’avérer être un ennemi, puisqu’elle mange les arbres avec lesquelles on voudrait faire des matériaux. Ce n’est toutefois pas un ennemi écologique puisque la tordeuse a un rôle à jouer dans l’environnement en tuant les vieux arbres pour dégager les jeunes arbres et les aider à pousser», a expliqué Éric Bauce, un chercheur en foresterie.

«C’est un accélérateur de succession forestière, ça fait partie de son grand rôle écologique», explique l’expert en entomologie forestière.

Selon lui, les températures chaudes des derniers jours ont favorisé l’activité et l’éclosion de papillons de toutes sortes.

Toujours selon le chercheur et professeur de l’Université Laval, il a fort à parier que les insectes retrouvés à Campbellton lundi ont traversé la baie des Chaleurs à la faveur de la nuit, transportés par le vent.

«Les puissantes lumières du concessionnaire automobile ont attiré les papillons à cet endroit précis plutôt qu’ailleurs», a pour sa part indiqué Bernard Daigle, spécialiste en transfert de connaissances au Centre de foresterie de l’Atlantique.

Il a indiqué à l’Acadie Nouvelle que cette présence massive de la tordeuse des bourgeons de l’épinette ne représentait aucun risque pour les forêts du Nouveau-Brunswick et la santé publique.

«C’est une bibitte qui est bien naturelle», illustre-t-il.

Cette présence ne nécessitera pas non plus un programme d’arrosage, ajoute-t-il.

«Il y a un projet de recherche et d’arrosage qui s’est déroulé dans des boisés dans le nord de la province en juin, mais il n’y en aura pas d’autres cette année», a précisé Bernard Daigle.

D’autres papillons de la tordeuse des bourgeons de l’épinette auraient été aperçus à Tracadie. Des gardes forestiers du ministère du Développement de l’énergie et des ressources ont d’ailleurs été mandatés afin de procéder à la collecte d’échantillons de ces papillons qui seront l’objet d’analyse.

Les autorités espèrent ainsi en apprendre un peu plus sur la présence et les mouvements de l’insecte et savoir si la province doit faire face ou non à une épidémie.

La présence en sol néo-brunswickois de la tordeuse des bourgeons de l’épinette n’inquiète pas pour l’instant l’industrie forestière d’ici.

Glen Warman, le président de l’organisme Forêt NB, a indiqué à l’Acadie Nouvelle que l’industrie ne s’attend pas à un impact important sur les prix et l’approvisionnement en bois.

Pendant ce temps à Campbellton, la vie a repris son cours normal mardi chez Plaza Chevrolet Buick GMC, où ont décidé de séjourner la veille des milliers de papillons, voire des milliards selon le directeur général du concessionnaire automobile.

«On a décidé d’éteindre les lumières quelques heures afin d’éviter de les attirer. En attendant, les opérations de nettoyage se sont poursuivies mardi», a indiqué Alain Normand.