Bathurst: les paroissiens anglophones espèrent toujours un miracle

Même si le changement pastoral est effectif depuis le 1er août, les paroissiens de l’église catholique anglophone Sainte-Famille à Bathurst espèrent encore un miracle pour que le père David Ferguson se retrouve à la tête de leur lieu de culte.

Les paroisses anglophones du diocèse de Bathurst sont désormais regroupées sous une seule entité, The Good Shepherd, dirigée par le père Keith Goldrup. Il est assisté des prêtres David Ferguson, Maurice Frenette, Gregory Culligan et Gérald Croteau.

Depuis juin, les fidèles de l’église du secteur anglophone se démènent afin de conserver le père Ferguson comme curé, lui qui les guidait depuis deux ans.

Rien n’a encore fait fléchir l’évêque du diocèse, Mgr Daniel Jodoin, qui avait déjà indiqué dans nos pages que c’était une mesure pour ménager la santé du père Ferguson et pour éviter de jongler pour lui trouver un remplaçant en cas d’indisponibilité.

Les paroissiens ont toujours refusé cette justification et ont lancé une pétition de plus de 1500 noms à l’attention de Mgr Jodoin, qu’ils n’ont même pas pu lui remettre.

«Il nous a dit qu’il ne prendrait pas la peine de la regarder. C’est incorrect de dire que le père Ferguson a des problèmes de santé. Il a des allergies et a eu une pneumonie l’hiver dernier. C’est tout. D’autres prêtres du diocèse tombent malades», défend Betty Bouma, la présidente du comité de gestion paroissiale au sein de l’église Sainte-Famille (Holy Family).
En désespoir de cause, ils ont écrit plusieurs lettres et adressé la pétition au nonce apostolique, Luigi Bonazzi, qui sert de lien entre les paroisses canadiennes et le Vatican, ainsi qu’à l’archevêque de Moncton, Mgr Valery Vienneau, qui a été le prédécesseur de Mgr Jodoin. Ils sont toujours en attente d’une réponse.

«Le secteur anglais n’a pas besoin de restructuration. La manière dont ça fonctionnait était très bien, en étant divisée entre deux prêtres. Maintenant, un prêtre anglais a tout. Ça ne fait pas de sens», reproche Mme Bouma.

«Avec beaucoup de pressions aux bonnes places, nous serons peut-être capables de renverser la  situation, mais il n’y a pas de garantie», raisonne-t-elle.

C’est le père Goldrup qui a présidé la première messe dominicale à la Sainte-Famille depuis l’entrée en vigueur de cette décision et certains ont choisi de la bouder.

«Je devais faire une lecture, mais quand j’ai vu que c’était lui, je suis parti. Nous avons travaillé très fort depuis que le père Ferguson est avec nous. Avant qu’il arrive, nous avions chaque année un déficit de 20 000$. Après, beaucoup se sont intéressés à l’église et maintenant, nous enregistrons un surplus de 40 000 $», explique Ron Jessulat, membre du comité de gestion.

Il promet de boycotter les messes tant que le pasteur David Ferguson ne sera pas réintégré dans sa fonction. Plusieurs souhaitent même que l’évêque soit renvoyé au Québec, d’où il est originaire.

Les paroisses francophones ont également subi un remaniement pastoral.