Une route envahie par la végétation dans le comté de Kent

De nombreux panneaux de signalisation sont cachés par d’épaisses broussailles le long du chemin Bedec. - Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron
De nombreux panneaux de signalisation sont cachés par d’épaisses broussailles le long du chemin Bedec. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

Des résidants de Bedec, près de Richibucto, tirent la sonnette d’alarme. La végétation a envahi la route qui traverse la communauté, mettant à risque la sécurité des piétons et des conducteurs.

Denise Richard est une femme patiente. Mais là, elle en a eu assez.

Chaque jour, la femme du comté de Kent marche le long de la voie qui sépare sa maison de la côte, à Bedec. Le long de sa balade, elle est aux aguets. En raison de la végétation qui obstrue la vision des conducteurs, elle doit être prête à tout moment à sauter dans le fossé afin d’éviter un véhicule.

Elle craint le pire. Si la situation persiste, une collision entre une voiture et un gros animal, ou pire encore entre un véhicule et un piétonnier, lui semble inévitable.

«Il ne faudrait pas attendre qu’il y ait des accidents ou des mortalités avant d’agir. C’est presque un miracle que personne n’ait encore frappé un chevreuil ou un orignal. On voit souvent des pistes de ces animaux. Quand ils sortent, ils sortent directement sur le chemin», explique-t-elle.

Mme Richard et son mari, Joe, estiment que le dernier débroussaillage à Bedec a eu lieu il y a plus de 15 ans. La forêt envahit la route. Non seulement bloque-t-elle la visibilité, mais elle cache de nombreux panneaux de signalisation. Dans plus d’un cas, on ne peut pas déchiffrer l’enseigne même en se rapprochant à quelques pieds, tellement la végétation est épaisse.

Mme Richard ne tient plus compte du nombre de fois qu’elle a eu la frousse pendant sa marche matinale. Elle a carrément arrêté de marcher après l’heure du souper, quand la lumière du soleil est plus faible.

Elle a fait part de ses inquiétudes au ministère des Transports et des Infrastructures, ainsi qu’au député de Kent-Nord, Bertrand LeBlanc. Cette semaine, après une énième frayeur, elle a décidé d’en parler publiquement.

«Je suis vraiment patiente, mais là c’est une question de sécurité. Il n’y a pas d’accotement, et on doit souvent se cacher en sautant dans le bois. Il y a beaucoup de conducteurs qui vont nous appeler par la suite afin de s’excuser. Ils nous disent qu’ils ne nous ont pas vus.»

La situation est d’autant plus dangereuse que la petite route, qui n’est même pas assez large pour avoir sa propre ligne jaune, est fréquentée par de nombreux camions de livraison qui se rendent aux deux usines de transformation – de homard et d’huitres – au bout du chemin Bedec.

Les broussailles engendrent des situations dangereuses, particulièrement dans les virages. Les conducteurs, anticipant la rencontre de véhicules circulant dans le sens contraire, se rapprochent de la bordure de la route. Comme leur vision est bloquée, ils ne voient les marcheurs qu’à la dernière seconde.

Un porte-parole du ministère des Transports et des Infrastructures, Shawn Berry, a affirmé à l’Acadie Nouvelle que le débroussaillage de Bedec est prévu en 2017. Il mentionne cependant que «l’évaluation des endroits visés et la disponibilité des fonds pourraient entraîner des modifications au calendrier prévu».

Il ajoute que le budget de 2016-2017 consacré à la gestion de la végétation s’élève à 4,1 millions de dollars, ce qui comprend le fauchage et le débroussaillage partout dans la province.