Les soeurs Haché vivent le Tintamarre à l’année [Vidéo]

Gisèle Haché-Savoie et Lucille Haché-Noël ont l’Acadie tatouée sur le cœur. Chaque année, les deux sœurs originaires de l’île Lamèque confectionnent des costumes aux couleurs du tricolore étoilé pour célébrer le grand Tintamarre de Caraquet.

La cuisine de la résidence de Lucille Haché-Noël, à Lamèque, déborde de décorations acadiennes fabriquées entièrement à la main par les deux sœurs. Elles attendent le 15 août avec impatience.

Leur enthousiasme pour tout ce qui touche à l’Acadie est contagieux. Tout a commencé il y a 18 ans, un peu par hasard. Elles ont remporté un voyage gratuit à Montréal après s’être inscrites à la dernière minute à un concours de costume à Caraquet.

«Depuis ce temps, chaque année, on prépare de nouveaux costumes», expliquent-elles.

Même si plusieurs communautés organisent des tintamarres, les deux sœurs préfèrent de loin celui de Caraquet, qui attire annuellement plus de 10 000 participants. Au fil des ans, elles ont rencontré des gens des quatre coins de la planète sans même quitter la Péninsule acadienne.

«On a rencontré des gens du Pérou, de la Roumanie, de l’Australie, les États-Unis, de la France. C’est mondial. Nous avons rencontré des gens de partout au Québec. Il y a deux ans, il y avait des gens de la France à la messe de Caraquet. Ils nous ont arrêtés pour se faire photographier. C’était formidable. On est toujours habillé du pied à la tête et tout est fait à la main», dit Lucille.

La préparation des costumes n’est pas une mince tâche. Lucille s’occupe plutôt de la couture. Gisèle préfère l’aspect bricolage.

«C’est difficile, il faut y penser bien à l’avance et il faut toujours du matériel qui tombe dans le bleu, le blanc et le rouge. Moi, je fabrique les chapeaux. Après le tintamarre, je cherche toujours de nouvelles idées pour le prochain chapeau. Ça nous trotte dans la tête à longueur d’année», raconte Gisèle.

Les deux sœurs ne rateraient pas ce rendez-vous annuel sous aucun prétexte. Elles ont failli ne pas pouvoir y participer cette année. Gisèle Haché-Savoie est tombée malade plus tôt cet hiver. Elle a passé près de deux mois à l’hôpital. Le bricolage lui a permis de traverser les moments les plus difficiles.

«Quand tu commences, tu oublies tout. C’est une thérapie. Tu ne vois plus le temps passé et tu arrêtes de penser à tes petits bobos. Cela m’a permis de me changer les idées», raconte-t-elle.

Malgré tout, Gisèle Haché-Savoie a rapidement retrouvé le sourire. Elle a maintenant bien hâte à lundi.

«On y va pour montrer notre culture et ce que nos parents nous ont légué. On veut partager ça avec les autres.»