20 000 personnes et de grosses pointures pour le Grand Tintamarre [vidéo]

Les Acadiens ont fait du bruit, lundi soir, à Caraquet. Selon les estimations des organisateurs, 20 000 personnes se sont rassemblées en centre-ville, pour le 37e Grand Tintamarre, qui accueillait des élus politiques de premier plan. Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, Mélanie Joly, la ministre du Patrimoine canadien, et Brian Gallant, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, se sont joints au cortège.

Aussitôt le coup d’envoi donné par les officiels sur l’estrade de la place du Vieux-Couvent, Gabrielle Savoie, âgée de 17 ans, s’est précipitée à l’avant-scène.

«Mon père est originaire d’ici. C’est la première fois que je viens au 15 août.»

Loin du tumulte ambiant, l’adolescente qui a grandi à Moncton, n’avait qu’une obsession: voir le premier ministre canadien. Son souhait a été exaucé.

«C’est excitant», confiait-elle juste après, les yeux pétillants.

Elle n’était pas la seule à vouloir approcher Justin Trudeau. S’il voulait vérifier son taux de popularité, la ferveur que lui ont réservée les participants à ce rassemblement festif a de quoi le rassurer.

«La présence du premier ministre, c’est 2000 personnes en plus. Facile!», garantissait, lundi après-midi, un élu local.

On ne saurait résumer ce tintamarre à la venue du chef du parti Libéral. Conformément à la tradition, une foule nourrie de jeunes et de moins jeunes a envahi le boulevard Saint-Pierre, entre l’église et la rue Cormier.

Certains étaient déguisés, d’autres non; les uns avaient une casserole à la main, d’autres une trompette à la bouche. Tous n’avaient qu’un seul mot d’ordre: se faire entendre, et donner raison à M. Trudeau quand il affirmait un peu plus tôt: «Y a personne qui sait faire la fête comme les Acadiens!»

Réginald Mallet et son épouse, Mai-Marie, sont des habitués de la manifestation.

«On vient tous les ans», affirme-t-il.

«C’est important pour nous, c’est notre manière de dire au monde qu’on existe. J’ai l’Acadie dans mon cœur», ajoute-t-elle.

Pour ce couple installé à Shippagan, il serait impensable d’être ailleurs qu’à Caraquet un 15 août. Tous les deux s’étaient drapés de bleu, de blanc, de rouge et de jaune.

«On est fier de nos couleurs acadiennes.»

Pour que perdure cet honneur, René Cormier, le président de la Société nationale de l’Acadie, soutient qu’il est nécessaire de faire preuve d’ouverture. Il souhaite la bienvenue à toutes celles et ceux, nouvellement arrivés, qui désirent «contribuer au rayonnement des Acadiens».

«Historiquement, l’Acadie s’est constituée de gens issus de différentes cultures. Il nous faut ouvrir nos portes. C’est essentiel si l’on veut s’assurer un avenir florissant.»

Trois touristes français, originaires de Marennes en Charente-Maritime le long de la côte Atlantique, croisés par hasard dans le cortège, se déclaraient impressionnés par ce gigantesque charivari. Deux d’entre eux le découvraient pour la première fois.

Le temps d’une soirée, ils se sont senti «Acadiens de cœur». Ils assurent qu’ils rentreront transformés par cette expérience.