Brian Gallant en tournée de consultations avec les dirigeants locaux

Le premier ministre, Brian Gallant, entame cette semaine une tournée provinciale. Lui et ses conseillers partent à la rencontre des dirigeants locaux afin de discuter avec eux de leurs attentes et de leurs besoins en matière de développement économique.

Les conclusions de ces échanges alimenteront le plan destiné à encourager la croissance que prépare présentement le gouvernement.

Le coup d’envoi de ces déplacements a été donné mardi matin, à Tracadie.

Une soixantaine de politiciens de la Péninsule se sont rassemblés dans la salle du club de curling de la municipalité, dans l’enceinte du complexe sportif Rév. SA Dionne. Chacun a pu exprimer son point de vue sur les mesures que devrait prendre Fredericton qui favoriseraient l’essor du Nord-Est.

Pour Denis Losier, maire de Tracadie, cela passerait par un système d’aides envers les jeunes entrepreneurs.

«Beaucoup aimeraient lancer leur entreprise et s’installer dans des locaux inoccupés. Mais ils sont refroidis par le fort taux de taxation foncière qui peut atteindre 5000$ par mois.»

Mathieu Chayer, à la tête de la mairie de Saint-Léolin, aimerait lui aussi privilégier les hommes d’affaires locaux.

«Ils sont plus attachés à notre communauté que les gens de l’extérieur, et ils travailleront plus fort», s’imagine-t-il.

Beaucoup d’élus ont milité pour l’instauration d’une route à accès limité. «Une demande vieille de 25 ans», rappelle le maire de Bertrand, Yvon Godin. D’après ce dernier, beaucoup d’importations proviennent de l’Ouest; les produits exportés quittent la Péninsule par le Sud, direction les États-Unis.

«À défaut d’un réseau ferroviaire et d’un port adapté, nous dépendons entièrement de la route. Il nous faudrait un axe entre Bathurst et Miramichi. Pour les acteurs de l’industrie du camionnage, traverser notre région est un fardeau.»

Sur cette question, Brian Gallant assure être «conscient que des investissements stratégiques dans les infrastructures sont cruciaux pour le développement économique du nord de la province».

«J’ai entendu leur message. Nous allons voir, en tant que gouvernement, ce que nous pouvons faire», répond-il.

Cet échange n’a pas contenté tout le monde. Anne-Marie Jourdain est repartie quelque peu insatisfaite.

«Je salue la démarche du premier ministre de venir dialoguer avec nous, mais je reste sur ma faim. Ce n’était pas une discussion approfondie.»

La conseillère municipale de Bas-Caraquet a l’intention d’adresser au gouvernement un mémoire sur les besoins de la Péninsule.

«Et pas seulement sur le plan économique, mais aussi dans les domaines de la petite enfance, des soins aux aînés et de la condition des femmes, par exemple. Je vais le rédiger dans les prochaines semaines», s’engage-t-elle.

D’ici la fin du mois, 11 autres rencontres comme celle de Tracadie sont programmées dans les quatre coins de la province – à Doaktown, à Florenceville-Bristol et à McAdam, pour ne citer que ceux-là.

«Après cette tournée, nous allons finaliser notre plan pour la croissance économique. Nous avons déjà une bonne idée de ce à quoi il ressemblera. Il s’agira d’un plan provincial qui prendra en compte les spécificités de chaque région», promet le premier ministre.

La feuille de route du gouvernement sera dévoilée dans les mois à venir, assurément avant la fin de l’année. n

L’économie prime

Avant même son élection en octobre 2014, Brian Gallant faisait de l’essor économique du Nouveau-Brunswick son cheval de bataille. À mi-mandat, le premier ministre n’entend pas changer de cap.

L’économie et la création d’emplois figurent toujours en tête de ses priorités. Et il certifie être en bonne voie de les accomplir.

«En 2015, le PIB (Produit intérieur brut) de notre province a augmenté de 1,9%, le plus fort taux depuis 2010 et le quatrième au pays. De juillet 2015 à juillet 2016, le Nouveau-Brunswick affichait le deuxième meilleur taux de créations d’emplois au Canada, juste derrière la Colombie-Britannique», souligne-t-il.

Le chef provincial le sait, il n’atteindra pas ses objectifs tant que les finances publiques ne seront pas assainies.

«À titre d’exemple, nous dépensons plus dans les intérêts de la dette que nous n’investissons dans l’éducation postsecondaire.»

Il planifie un retour à l’équilibre budgétaire en 2020.
BDV

Brian Gallant, le premier ministre, s’est montré à l’écoute et attentif aux recommandations des maires et conseillers municipaux de la Péninsule acadienne. – Acadie Nouvelle: Vincent Pichard