Cour suprême: Brian Gallant se range dans le camp Trudeau

Brian Gallant n’a pas d’objection au nouveau processus de sélection des juges à la Cour suprême, et ce, même s’il risque de coûter son seul siège aux provinces de l’Atlantique.

La tradition veut que les juges à la Cour suprême assurent une représentation de toutes les régions du Canada. Or, le nouveau processus de sélection des juges semble faire fi de cette habitude.

Le nouveau processus de nomination des juges de la Cour suprême, préparé par le cabinet Trudeau, est constitué d’un comité indépendant qui est chargé de sélectionner des juges bilingues.

Il est possible pour n’importe quel avocat qualifié de poser sa candidature pour remplir le poste, qu’il provienne de l’Atlantique ou d’ailleurs au Canada. Le comité étudiera donc les demandes des candidats «fonctionnellement bilingues» de toutes les régions canadiennes.

Ce même processus ne précise cependant pas si le prochain juge nommé à la Cour suprême proviendra des provinces de l’Atlantique.

La question est de mise alors que le seul juge actuel provenant de l’Atlantique, le Néo-Écossais Thomas Cromwell, prendra sa retraite le 1er septembre.

Lorsque questionné sur sa position lors d’une annonce de financement, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, s’est bien gardé de critiquer le processus de sélection établi par le fédéral.

«Je pense que le premier ministre Trudeau l’a bien dit: il y a plusieurs facteurs à examiner, et nous comprenons cela (…) Nous sommes concentrés sur l’économie et sur le programme de croissance du gouvernement Trudeau, et c’est quelque chose que nous approuvons de fond en comble.»

Il s’est dit sûr qu’un représentant du Canada atlantique se montrera suffisamment méritant pour obtenir le poste lors du processus de sélection.

Le député fédéral Dominic LeBlanc était également présent à l’annonce, mais s’est abstenu de toucher au sujet et s’est éclipsé rapidement après coup.

L’opposition rétorque

Dans un communiqué publié le lendemain du commentaire de Brian Gallant, les leaders de l’opposition des quatre provinces de l’Atlantique dénoncent le processus de nomination des juges de Trudeau, ainsi que l’inaction des gouvernements libéraux provinciaux de la région.

Bruce Fitch, le chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, affirme que «durant son séjour, les députés libéraux étaient plus satisfaits de s’allier à Trudeau que de critiquer sa décision».

Les chefs de l’opposition estiment qu’en ouvrant la porte à une nomination d’ailleurs au Canada, Justin Trudeau lance un message selon lequel le Canada atlantique n’est pas aussi important que les autres provinces.