Le kayak gagne des adeptes

La pratique du kayak est en plein essor dans la Péninsule acadienne, au point de devenir un atout touristique. Une entreprise de Tracadie propose des sorties le long des côtes, depuis cet été. Le village de Bertrand s’y met aussi.

Frederick McLaughlin est un passionné de kayak. Ce résidant de Rivière-à-la-Truite, à Tracadie, s’y adonne depuis plus de 10 ans. De passage au parc de Fundy, dans le sud de la province, l’été dernier, il a constaté qu’il était possible de faire des balades en mer sur place.

«Ça m’a donné l’idée de proposer des circuits dans ma région où rien de ce genre n’était offert.»

C’est ainsi que Kayak Péninsule est né. Ses premiers tours ont eu lieu en juin. Chacun dure trois heures environ, au départ du quai d’Inkerman ou des plages de Val Comeau et de Pokeshaw.

«Les premières semaines ont été timides. Depuis la mi-juillet, ça marche bien avec deux à trois bookings par semaine.»

Avant de prendre le large, Frederick McLaughlin dispense quelques notions de base. L’activité ne s’adresse pas seulement aux kayakistes confirmés. Tout le monde peut se lancer, même celles et ceux qui n’ont jamais essayé.

«Ça demande juste quelques techniques. Par exemple, il faut pagayer avec tout le haut du corps, pas seulement avec les bras. Ainsi, on se fatigue moins vite. Et il faut veiller à la sortie de l’eau de sa rame. Ce n’est pas plus compliqué.»

Selon notre spécialiste, le kayak en mer est plus facile que le kayak en rivière.

«On est plus stable. Il y a moins de ballottements. Ça permet de plus longues randonnées.»

La formule plaît. En début de mois, Christian Gosselin et Renée Robichaud étaient en vacances dans la Péninsule; ils vivent au Québec. Avec une parente de Tracadie, Josiane Robichaud, ils ont réservé une sortie.

«On n’en avait jamais fait. On voulait voir à quoi ça ressemblait. Ça brassait moins que je le pensais», confiait Renée, à peine débarquée sur la plage de Pokeshaw.

«C’est plus facile que le canot», souligne Christian.

Même Josiane qui vit ici en est revenue enchantée.

«Je connais bien sûr la côte de Grande-Anse. Mais là, je l’ai découverte comme je ne l’avais jamais vue, avec ses parois escarpées. On s’est aventuré dans des grottes. Je n’imaginais pas qu’il y en avait dans ce coin-ci. C’était vraiment sympa.»

Le trio était tellement enthousiaste qu’il ne disait pas non à l’idée de s’instaurer une virée en kayak chaque été. Frederick McLaughlin envisage de prolonger ses balades jusqu’à la mi-septembre.

Celles et ceux qui voudraient se mettre à l’eau ont d’autres possibilités pour cela dans le Nord-Est. Le village de Bertrand propose la location de kayaks depuis début août.

«Nous en avons sept: quatre simples et trois doubles», renseigne le maire, Yvon Godin.

Tous sont entreposés dans un abri construit sur le débarcadère en bordure du marais, le long de la route qui mène au Village historique acadien. Pour les emprunter, il faut se rendre au centre d’information touristique situé non loin et y récupérer une clé.

Les réservations se font à l’heure, à la demi-journée ou à la journée.

«On n’a pas fait de publicité, et ça marche beaucoup plus que ce à quoi on s’attendait. Je pense qu’on répond à une demande.»

En mettant en place ce service, le maire n’espérait pas faire de profits. Devant pareil succès, il est assuré de rentrer dans ses frais. Yvon Godin se réjouit de constater que l’animation attire autant les touristes que les résidants.

«Ils découvrent leur village d’une façon inédite.»

Les kayaks resteront disponibles jusqu’à la fin septembre. Comment expliquer un tel engouement pour cette activité nautique?

«Les touristes veulent vivre une aventure», avance l’élu.

Pour rester attrayante, la Péninsule acadienne doit donner à ses visiteurs leur lot d’expériences.