Glyphosate: occupation pacifique contre l’arrosage au Restigouche [Vidéo]

Une dizaine de personnes ont envahi depuis quelques jours un secteur des terres de la Couronne à White’s Brook près de Kedgwick afin de signifier leur opposition à l’arrosage en forêt.

Le campement, baptisé les «Joyeux campeurs», est organisé par les groupes ÉcoVie et Stop Spraying New Brunswick. Cette manifestation a comme objectif de perturber le processus de pulvérisation d’une parcelle de forêt coupée à blanc.

Le groupe dénonce la multiplication des séances d’arrosage d’herbicides à base de glyphosate qui se produit depuis quelques semaines un peu partout dans la province, notamment dans le Restigouche. Cette pratique, ils n’hésitent pas un instant à la qualifier de véritable fléau pour l’avenir de la forêt publique néo-brunswickoise.

Parmi les campeurs, on retrouve Francine Levesque d’ÉcoVie. Celle-ci se bat depuis plusieurs mois pour que soit interdit l’épandage du glyphosate, un produit – rappelle-t-elle – déclaré cancérigène probable en 2015 par l’Organisation mondiale de la santé.

«Ce que l’on veut, c’est la santé et la protection de nos forêts. On veut une forêt diversifiée et non une monoculture. Notre message est clair: l’arrosage n’est plus une option au Nouveau-Brunswick. On veut que le gouvernement reprenne nos ressources naturelles en main. On trouve qu’à l’heure actuelle, l’industrie prend beaucoup trop de place dans le processus de décision», ajoute-t-elle.

Martine Drapeau est également du nombre des manifestants sur place. Originaire de Dalhousie, elle a récemment embrassé la cause de la lutte contre l’arrosage d’herbicides en forêt.

«Ça me choque ce que l’on fait avec nos forêts», confie-t-elle.

«Je suis grand-maman depuis quelques mois et je me dis que le plus beau cadeau que je puisse faire aux générations à venir, que je peux faire à mes petits-enfants, c’est d’aider à protéger notre forêt. À quoi ça sert de leur donner mer et monde si on ne peut pas leur garantir de l’air pur à respirer, de l’eau propre à boire, et la sécurité de savoir qu’on ne laissera pas les industries les empoissonner?», questionne la militante.

Initialement, le campement devait commencer vendredi, plutôt que la semaine dernière. Toutefois, le groupe a dû précipiter son action en raison des nombreux rapports de citoyens signalant des activités intensives d’arrosage dans la région.

Pour le moment, le nombre de campeurs est encore peu élevé. Malgré quelques va-et-vient, le site demeure néanmoins occupé en permanence par quelques membres. Cela dit, le nombre de participants devrait grimper en flèche samedi alors que des représentants d’autres organismes de protection de l’environnement, ainsi que des membres des Premières nations, devraient se joindre au mouvement.

Y a-t-il des chances que le site soit arrosé en dépit de la présence des manifestants?

«Tout peut arriver, mais je crois que ce serait très mal vu de le faire, surtout à l’heure où le mouvement anti-arrosage ne cesse de prendre de l’ampleur dans la province. Les gens commencent à prendre conscience de ce qu’est le glyphosate et de ce qu’il fait à nos forêts», indique Mme Levesque.

Le groupe actuel est d’ailleurs déterminé à demeurer sur place pendant encore plusieurs jours, soit presque jusqu’à la mi-septembre, date limite pour l’arrosage dans ce secteur.

Les campeurs sont aussi bien au fait que cette perturbation risque éventuellement d’attirer l’attention des forces de l’ordre et qu’il y a toujours possibilité d’arrestation.

«On est conscients de cela. Mais notre action demeure 100% pacifique, on ne le dira jamais assez. On ne veut pas de grabuge. Mais, en même temps, on tient à ce que notre message passe», souligne-t-elle.

Pour l’activité, des sites ont été érigés sur place selon le degré d’implication des manifestants.

«Il y a une zone rouge où pourront se tenir les gens qui sont prêts à aller jusqu’au bout de l’expérience, c’est-à-dire à demeurer sur place quitte à se faire arrêter si ça se rend jusque là. Il y aura aussi une zone jaune – pour ceux qui veulent participer, mais de façon plus modérée – et une zone verte pour les observateurs», indique Mme Levesque, ajoutant que l’activité sera bien documentée.

Les activités et l’emplacement du campement du groupe sont répertoriés sur le groupe Facebook Stop Spraying in New Brunswick.