Les Canadiens très majoritairement favorables au bilinguisme

Un sondage commandé par le Commissariat aux langues officielles révèle que le bilinguisme est très bien vu par la très grande majorité des Canadiens.

Alors qu’il s’apprête à céder sa place en octobre après dix ans en poste, le commissaire Graham Fraser dévoile des résultats qui ont de quoi rassurer les partisans du bilinguisme.

Un coup de sonde (téléphonique et en ligne) effectué à l’échelle nationale en février et en mars par la firme Nielsen laisse entendre que la population y est favorable. Très favorable, même.

Par exemple, à l’échelle nationale, 84% des répondants au sondage téléphonique ont dit être «fortement d’accord» ou «plutôt d’accord» avec le  bilinguisme pour l’ensemble du pays. Dans les provinces de l’Atlantique, cette proportion a atteint 86%.

Question après question, le son de cloche est le même. À l’échelle nationale, les répondants étaient notamment d’avis que l’on devrait pouvoir obtenir des services du gouvernement fédéral dans les deux langues officielles (96% au téléphone / 85% en ligne), que l’on devrait faire plus d’efforts pour que les jeunes puissent parler français et anglais (84% / 73%) et que la ville d’Ottawa devrait être reconnue comme officiellement bilingue (87% / 73%).

Comme on peut s’y attendre, ces données font plaisir à Graham Fraser.

«Je suis rassuré. Ça confirme un peu l’impression que j’avais que de plus en plus; les Canadiens acceptent la politique linguistique comme faisant partie de l’identité canadienne. Ils ont appris que ce n’est pas une menace, que ce n’est pas un fardeau, que ce n’est pas quelque chose qui pose des difficultés», dit-il en entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Selon lui, les politiciens devraient voir dans les résultats de ce sondage une indication qu’ils ne risquent pas de s’attirer les foudres d’une grande partie de leur électorat en adoptant des mesures favorisant le bilinguisme.
«On peut voir qu’il n’y a pas un grand risque politique de faire la promotion des deux langues officielles au Canada. Il n’y a pas de grand risque à insister que les juges à la Cour suprême soient bilingues. Il n’y a pas grand risque de nommer la capitale, Ottawa, comme officiellement bilingue. Il y a un appui à travers le pays pour ces gestes-là.»

L’échantillon, composé de personnes âgées de 18 ans et plus, est de 1000 répondants pour le volet téléphonique et de 1016 répondants pour le volet en ligne. La marge d’erreur pour le sondage téléphonique est de 3,1% (19 fois sur 20) à l’échelle nationale et de 9,8% (19 fois sur 20) dans les provinces de l’Atlantique.

Des mythes tenaces

Si les perceptions du bilinguisme semblent très positives au Canada, certains mythes sont cependant tenaces. Les idées fausses sont répandues, apprend-on dans les résultats du sondage mené par Nielsen.

Par exemple, 87% des répondants au volet en ligne ont dit croire que la politique linguistique du Canada veut que tous les services du gouvernement fédéral soient offerts dans les deux langues officielles d’un océan à l’autre, 71% ont dit croire qu’il y a plus de personnes qui parlent des langues non officielles que de francophones au Canada et 49% ont dit croire qu’il faut être bilingue pour travailler dans la fonction publique fédérale.

«Ça démontre également qu’il y a une incompréhension. Il y a des gens qui croient que la loi est plus sévère qu’elle l’est en réalité. Par exemple, un nombre considérable (de répondants) pensent qu’il faut être bilingue pour travailler au gouvernement fédéral. Ce n’est pas le cas. Il y a seulement 40% des postes dans la fonction publique qui sont désignés bilingue», affirme Graham Fraser.