Être servi en français à Fredericton: des élèves font le test

Les élèves d’une école primaire de Fredericton se sont fait servir en français dans quinze commerces de la capitale provinciale.

Dire que le paysage linguistique est dominé par l’anglais dans la capitale de la seule province bilingue du pays est presque un euphémisme.

Mais cela n’a pas empêché les élèves de l’école des Bâtisseurs de demander et d’obtenir du service en français dans quinze commerces de la municipalité allant de la librairie au centre d’activité physique en passant par le magasin de jouets et le restaurant de bagel.

Le projet intitulé En français, ça m’plait! auquel ont participé ce printemps le personnel et les élèves de la maternelle à la cinquième année avait pour but de stimuler l’identité francophone des jeunes, explique la directrice de l’école.

«On cherche toujours des moyens originaux pour faire mousser la construction identitaire», mentionne Sylvie Legault.

«Certains élèves n’étaient pas nécessairement conscients qu’ils pouvaient demander un service en français. Nous vivons dans un milieu majoritairement anglophone. Plusieurs de nos élèves vivent en anglais à la maison. Nous avons un pourcentage élevé de familles exogames dans notre école.»

Après avoir collecté les suggestions des élèves, l’équipe de Mme Legault a choisi quinze commerces parmi les plus populaires auprès des jeunes. Les élèves devaient alors s’y rendre avec leurs parents et demander à être servis en français.

Les quinze commerces – qui ne savaient pas qu’ils faisaient l’objet d’un concours – ont tous réussi à servir leurs jeunes clients en français à au moins une reprise, raconte la directrice. La librairie Chapters, le centre d’activité physique YMCA et le magasin de jouets Toys “R” Us ont obtenu le meilleur score.

Les employés de chez Chapters étaient d’ailleurs «tellement fiers et tellement heureux» d’apprendre que leur magasin avait réussi le test de l’école des Bâtisseurs, selon la vice-présidente de l’entreprise pour l’est du Canada et les livres en français.

«C’est une équipe qui essaye très fortement de bien servir leurs clients en français», confie Andrea Limbardi.

«C’est sûr que ce ne sont pas tous nos employés qui parlent assez bien le français, mais l’équipe de gestion encourage les gens à utiliser le français de leur mieux et à ne pas hésiter à demander de l’aide à quelqu’un qui est plus francophone. Ce sont des efforts qu’ils font depuis longtemps.»

«Le projet a eu beaucoup de succès. Je pense que les élèves ont aimé ça», résume Mme Legault.

Selon Statistique Canada, 7 % de la population de la région était de langue maternelle française en 2011.

Sylvie Legault espère que le projet aura permis aux élèves de «prendre leur place dans la communauté en tant que francophones.»

«Tu as des droits. Tu peux demander un service en français. Si tu n’en reçois pas, tu peux pousser pour en avoir, tourner de bord ou parler avec la personne en anglais. C’est une plume à ton chapeau.»