Chasse à l’As à Dalhousie: mythes et réalités (vidéo)

Jeudi soir à Dalhousie, lors de la soirée 44 de la loto communautaire Chasse à l’As (Chase the Ace), la carte tant recherchée n’a toujours pas été retournée. L’engouement est donc plus grand que jamais.

Sally Lapointe de Belledune avait le billet gagnant en main, mais au moment de choisir sur la table, celle-ci a plutôt pointé en direction du cinq de trèfle. Le déplacement en valait néanmoins la peine. Elle est repartie avec un prix de consolation chiffré à 72 775$.

Jeudi, les ventes totales de billets ont été très représentatives de la frénésie qui entoure cette loto dans la région depuis quelques mois, atteignant la somme record de 363 875$ et faisant passer du coup la valeur de l’as de pique à 656 279$.

La semaine précédente, ce montant avait franchi pour la première fois le demi-million, soit 531 518$. C’est donc dire qu’il a cru de près de 125 000$. À ce rythme, il devrait donc (en théorie) frôler les 800 000$ la semaine prochaine.

«Pour nous, c’est exceptionnel. Car on se rapproche de plus en plus de nos objectifs monétaires», explique James Beattie, notant qu’il souhaite cumuler un total de 1,6 million en recettes pour les deux partenaires de la loto.

Il va de soi qu’un tel engouement fait jaser énormément dans la région. Voici quelques rumeurs qui courent et les réponses de l’organisation afin que tous s’y retrouvent.

D’abord la plus en vogue. L’as de pique est-il réellement sur la table lors de la pige? Par réflexe, plusieurs personnes croient en effet que l’activité est «arrangée avec le gars des vues» pour reprendre l’expression populaire. Mais sur ce point, M. Beattie est catégorique: il n’y a pas de tour de magie, personne ne fait disparaître la précieuse carte avant la pige. «Tout est surveillé. Les gens peuvent même suivre le tout sur l’écran», précise-t-il.

La seconde en lice: il y aura toujours cinq cartes dans le paquet. Une rumeur veut en effet que l’organisation ait décidé de cesser d’éliminer les cartes, une fois qu’il n’en restera plus que cinq sur la table, question de faire durer le suspens – et les rentrées d’argent – encore un peu plus longtemps.

«C’est complètement faux», clame M. Beattie. «Ça n’a jamais été une question pour nous. C’est vrai que cette façon de faire a déjà été utilisée ailleurs, mais ce ne sera pas le cas ici. Nous allons nous rendre jusqu’au bout. Et si l’as de pique est la toute dernière carte restante, et bien la personne qui sera pigée cette soirée-là aura la belle surprise de remporter le gros lot», explique ce dernier.

Autre rumeur: l’organisation devra se trouver un autre emplacement que le Palais des glaces Inch Arran puisque celui-ci doit monter sa patinoire pour la saison de hockey.

«On travaille là-dessus», confirme le gérant du Récréaplex. «Pour le moment, on ne s’inquiète pas trop, mais c’est certain qu’on doit être prêt pour toutes les éventualités. Je sais qu’ils prévoient de faire la glace pour le 1er octobre, ce qui nous laisse donc quatre autres soirées. Le problème, c’est qu’il reste huit cartes dans le paquet, donc un autre mois. Il faudrait alors repousser l’utilisation de l’aréna. On est toujours en pourparlers avec les gens de l’aréna à ce sujet», estime M. Beattie, notant par ailleurs que la loto est lucrative pour tous à ce stade.

Toujours en lien avec l’emplacement, on soutient que les deux sites actuels – Palais des glaces et Mail Darlington – ne suffiraient plus à la demande. «Ils sont suffisants, mais c’est vrai que plus on avance, plus on se rapproche d’un second emplacement satellite», indique-t-il. «Il y a de plus en plus de gens qui se déplacent pour l’événement. Je crois que nous sommes encore bons pour la semaine prochaine, mais c’est quelque chose qu’il faut réviser d’une fois à l’autre. Ce qui aide depuis quelques semaines, c’est que notre soirée est diffusée sur les radios locales francophones et anglophones. Les gens viennent donc acheter leur billet puis retournent attendre le dévoilement du billet gagnant dans leur voiture. Ça décongestionne les sites et ils sont plus rapides à partir par la suite», indique M. Beattie.

Et l’argent lui? Qu’en est-il de la sécurité des gagnants, car les lots de consolation commencent à être passablement considérables?

«En fait, aucun de nos gagnants ne repart avec de l’argent comptant. Ce serait beaucoup trop risqué de laisser des gens partir avec – comme cette semaine – 72 000$ en poche. On leur remet un chèque, c’est beaucoup plus simple comme ça et ça fait en sorte que la personne gagnante ne risque pas de se faire voler en chemin. Sinon, pour les recettes de la soirée, notre personnel est (très bien) escorté par les policiers jusqu’à l’emplacement du dépôt. Car encore là, on parle de sommes tout de même imposantes», dit-il.

Et pour les curieux qui se demandent comment il se fait que le tonneau, contenant les billets, avait l’air moins plein que la semaine précédente alors qu’au contraire les ventes avaient augmenté.

Et bien c’est simplement parce que ce dernier est flambant neuf…et plus gros.  «Il est 75% plus gros que le précédent. On l’a construit cette semaine. On n’avait plus vraiment le choix puisque l’autre était pratiquement rempli au maximum», explique M. Beattie.