Un prof qui aide les enseignants à reconnaître les talents

NDLR: On parle beaucoup de l’inclusion dans le système scolaire Néo-Brunswck. Ce que l’on peut oublier, c’est que dans ce pot-pourri se trouvent aussi les jeunes doués, ceux dont les aptitudes et le talent dépassent la moyenne.

Lorsqu’un élève est doué, il peut très bien se débrouiller seul sans accompagnement, n’est-ce pas? Rien n’est plus faux, selon le professeur Viktor Freiman, qui aide les éducateurs à reconnaître les talents et à les développer.

Vu par le commun des mortels, l’encadrement des bollés peut sembler simple. Comme ils ont des aptitudes que n’ont pas leurs copains de classe, on peut être portés à croire qu’il suffit de leur donner de l’espace et de les laisser apprendre.

C’est pourtant bien plus compliqué que cela, selon le professeur Viktor Freiman, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Moncton.

«C’est bien documenté en recherche à l’échelle internationale que c’est un mythe de croire que l’élève qui a cette facilité, l’élève qui est doué, va aller tout seul dans son cheminement académique, qu’il va apprendre par lui même.»

Il note d’ailleurs que c’est souvent lorsque des problèmes se pointent le bout du nez que les éducateurs se rendent compte qu’ils ont affaire à un jeune particulièrement talentueux ou doué.

L’un des cours qu’il donne à l’Université de Moncton, intitulé «Actualisation des talents», vise justement à outiller les enseignants et d’autres intervenants du milieu de l’éducation inscrits à la maîtrise.

Dans le cadre de ce cours, il leur montre comment reconnaître les talents et comment les développer. Il les amène aussi à réaliser qu’il n’existe pas d’approche passe-partout, puisque les talents sont hyper variés.

«On doit observer l’enfant en train de faire une tâche et voir son engagement, son intérêt, sa créativité, ses accomplissements. Est-il autonome? Est-il curieux? En se posant ces questions-là, on peut aussi se regarder dans le miroir. Est-ce qu’on propose des tâches aux élèves leur permettant d’avoir cet intérêt, d’avoir cette manifestation de curiosité, d’avoir cette persévérance, cet engagement?»

C’est que les élèves doués et talentueux ont eux aussi des besoins particuliers. Comme enseignants et comme parents, il faut constamment les mettre au défi. C’est l’une des clés du succès, explique ce prof.

«Pour cet élève-là, il faut des moyens particuliers. On doit chercher des moyens de l’encadrer et de lui proposer des défis à l’intérieur de la salle de classe. On peut toujours peut-être faire des parcours individuels, des plans personnalisés.»

Des conseils aux parents

Viktor Freiman estime qu’il n’y a pas que les enseignants qui peuvent jouer un rôle important dans le développement des talents et de la douance.

Les familles ont aussi une part de responsabilité. Les parents peuvent notamment mettre leurs enfants doués au défi. Et pas nécessairement en exigeant de bons résultats scolaires.

«Il faut un développement harmonieux. Il faut aussi sensibiliser tous les jeunes aux besoins de la société. (…) Oui, il faut leur donner des défis, mais pas seulement des défis académiques. Il y a des défis de s’intégrer dans la société, de mettre ses talents au service de tout le monde.»

Et puis les parents doivent aussi garder à l’esprit que leurs enfants ne sont pas des robots, qu’ils ont des limites.

«Les premières années sont très importantes. C’est aussi un équilibre, parce que si on met trop de pression sur les jeunes, on risque de les brûler. Si vous avez un perfectionniste devant vous et que vous continuez à exiger des bonnes notes, de toujours être premier, il y a des risques aussi.»