Atholville: les ruines d’une maison incendiée dérangent

Un homme d’Atholville se demande combien de temps encore il devra vivre avec les débris de la maison de son voisin qui a croulé sous les flammes à la fin d’août.

Dany McNeil en a gros sur le cœur. Après avoir enduré pendant des années une maison laissée pratiquement à l’abandon comme voisin, voilà que ce dernier doit maintenant composer ce qu’il en reste: un tas de débris.

Le 27 août, la résidence voisine à la sienne, située sur la rue Notre-Dame, a été la proie des flammes. Bien qu’elle fut complètement rayée, sa présence se fait encore sentir… dans tous les sens du terme.

«Tous les restes calcinés de la maison sont toujours là. C’est vraiment laid, mais le problème c’est qu’on le sent aussi. On a de la difficulté à rester à l’extérieur par moment tellement ça sent la suie. On ne peut tout simplement pas jouir de notre propre propriété», explique M. McNeil

La propriété de M. McNeil a d’ailleurs subi quelques dommages lors de cet incendie, notamment son garage.

«Il y a eu des dégâts, mais rien de trop grave. Par contre, ce que je crains surtout, c’est que ces débris restent là encore longtemps», raconte-t-il.

M. McNeil fonde cette crainte sur le fait que la maison voisine était inhabitée depuis au moins trois ans, le propriétaire vivant désormais à l’extérieur de la province.

«Et ça fait autant d’années que j’envoie des lettres au conseil pour qu’il fasse quelque chose, car c’était devenu problématique au niveau de la sécurité. En plus d’être questionnable au niveau esthétique, c’était dangereux. On y a pogné des jeunes délinquants. Et aujourd’hui, on a la preuve que c’était bel et bien dangereux puisqu’elle a brûlé. Mais l’endroit demeure dangereux malgré tout. Des jeunes pourraient se blesser sur ces débris. Pire, ça pourrait reprendre en feu», craint-il.

À la municipalité, on reconnaît que la propriété a fait l’objet récemment d’une inspection afin de vérifier son état, question de déterminer la possibilité de forcer sa démolition en vertu de l’arrêté sur les lieux inesthétiques et dangereux. Toutefois, l’incendie est survenu avant que le rapport des inspecteurs soit déposé officiellement au conseil.

On reconnaît aussi que la situation actuelle peut s’avérer déplaisante pour M. McNeil, mais on affirme avoir les mains liées pour le moment.

«Avant de faire quoi que ce soit, on doit d’abord essayer de discuter avec le propriétaire de la maison afin de voir si l’on peut s’entendre sur certaines modalités», explique le maire.

«Il y a un processus à suivre et celui-ci a été enclenché avec l’incendie. Avant d’agir, on doit s’assurer d’avoir le pouvoir de le faire. Mais on ne se ferme pas les yeux. On ne veut pas laisser les choses traîner, d’autant plus que c’est situé sur notre artère principale. C’est une situation qui nous préoccupe et sur laquelle on a déjà passé beaucoup de temps», dit-il.

Selon la municipalité, des discussions auraient eu lieu avec le propriétaire de la résidence incendiée depuis le sinistre.

«On ne peut pas aller là demain matin tout nettoyer, mais on ne va pas non plus attendre indéfiniment. J’espère que cela se règle avant l’hiver», indique le maire.