L’Université de Moncton a décidé d’encadrer les traditionnelles activités d’intégration de début d’année. Les nouvelles règles imposées par l’administration ne sont pas au goût des associations étudiantes.

Pour les étudiants en première année, le mois de septembre est synonyme de rencontres, de la découverte du campus et de nouveaux professeurs.

Qui dit rentrée dit aussi initiation, véritable un rite de passage universitaire, plus ou moins sage selon les facultés.

Il y a toutes sortes de rituels d’entrée: ils consistent parfois à se déguiser, à imposer des défis gênants aux novices ou à les asperger d’oeufs et de farine. Les conseils étudiants des différentes facultés organisent leurs propres initiations, qui peuvent aussi prendre la forme de simples jeux et activités de groupe.

Désireuse d’éviter tout dérapage, l’Université de Moncton a établi un règlement pendant l’été.

«Les activités d’intégration doivent être bien planifiées et se dérouler dans le plaisir ainsi que le respect, la dignité et la sécurité des personnes qui y participent», peut-on lire dans le texte rédigé par le vice-rectorat aux affaires étudiantes et internationales.

«En aucun moment, les étudiantes et les étudiants impliqués ne doivent être intimidés, humiliés, ridiculisés, dégradés, exploités, effrayés, exclus ou forcés d’agir contre leur gré. Les gestes, mots, chansons, costumes et jeux et autres doivent être respectueux et non discriminatoires, ceci autant durant les activités que sur les médias sociaux. Les pratiques humiliantes et dégradantes sont interdites, de même que les jeux à connotation sexuelle, les jeux de pouvoir ou les jeux à connotation violente.»

Une série d’interdictions s’en suivent: les tournées des bars, le beurrage, les déguisements obstruant la vue ou la capacité de se déplacer sont bannis par cette nouvelle politique.

Le règlement précise que les activités doivent avoir lieu sur le campus de préférence. Les organisateurs doivent au préalable obtenir une autorisation de l’administration, qui se réserve le droit de mettre fin à une activité non conforme et d’imposer des sanctions.

Ces derniers points ont provoqué une levée de boucliers parmi la plupart des associations étudiantes. Jugée trop contraignante, la politique est accusée de mettre un frein à l’organisation d’évènements.

«On s’oppose à un contrôle central et systématique des activités. C’est une barrière organisationnelle exagérée et inutile», estime Guillaume Pelletier, président de l’Association étudiante de la faculté des Sciences.

Selon lui, ces nouvelles règles viennent paralyser une vie étudiante toujours moins active plus qu’elles ne protègent les étudiants.

«Ce n’est plus comme c’était avant, les gens participent de moins en moins et on est de plus en plus limités dans ce qu’on peut faire.»

Guillaume Pelletier reconnaît que certaines règles, ou un guide à l’attention des conseils étudiants sont nécessaires, pour éviter que certains incidents qui ont eu lieu par le passé ne se répètent.

«C’est un pas dans la bonne direction, mais qui va trop loin», résume-t-il.

Du côté de l’administration universitaire, personne n’était disponible jeudi pour une entrevue. La direction a toutefois fait parvenir une réaction par courriel à l’Acadie Nouvelle.

«Nous avons pris connaissance des doléances de certains étudiants et nous tenons à rappeler que notre politique est en place pour que les étudiantes et étudiants se sentent en sécurité et respectés lors des activités d’accueil. Les associations étudiantes des trois campus ont été consultées lors de l’élaboration de la politique. Une mise à jour de la politique se fera sur une base annuelle au cours des trois premières années, puis à tous les cinq ans. La population étudiante du campus de Moncton, ainsi que les associations étudiantes des campus d’Edmundston et de Shippagan seront invités à un exercice de consultation pour la mise à jour de la Politique», peut-on lire.

La Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) tentera de proposer certaines modifications au texte dans les prochains jours.

«On a senti que l’administration était réceptive à apporter des changements, on a donc décidé de ne pas boycotter la politique», indique Roxann Guerrette, présidente de la FÉÉCUM. «Nous ne sommes pas opposés à 90% de la politique, seuls certains points sont contestés par les étudiants.»

Face à ces nouvelles restrictions, plusieurs facultés se sont coordonnées pour organiser la première activité d’intégration rassemblant tous les étudiants hors de la juridiction de l’université.

Dans un courriel anonyme, les premières années ont été invitées à se rendre au Parc Rotary de Dieppe ce dimanche. Les organisateurs préviennent les participants que la consommation d’alcool ne sera pas tolérée, mais qu’ils peuvent s’attendre à ressortir de l’évènement avec des vêtements bien salis.

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