Un réseau d’«autoroutes» d’amphibiens et de reptiles, le plus important au pays, fait le bonheur des petits animaux au parc national Kouchibouguac. L’infrastructure, évaluée à environ 250 000 $, a été installée dans le cadre du projet de l’amélioration de la route 117 l’an dernier.

Les salamandres, les grenouilles, les tortues et les couleuvres sont très actives ces temps-ci au parc national Kouchibouguac. Comme chaque automne, ces petites bêtes se préparent à entrer en hibernation dans les étangs et les forêts.

Une fois le printemps arrivé, elles prendront le chemin des étangs en masse pour la saison de la reproduction.

Jusqu’à tout récemment, des milliers de petits animaux perdaient la vie pendant ces périodes d’activité, écrasés par les pneus de véhicules roulant sur la route 117. Cette année, cependant, les bestioles pourront circuler en toute sécurité.

Quatre passages pour amphibiens et reptiles ont été installés près d’habitats féconds le long de la voie. Les petits tunnels leur permettent de se promener en sécurité entre les étangs et la forêt.

«C’est le plus grand projet de conservation des amphibiens au Canada. Et c’est dans notre cour arrière, en Acadie», affirme avec fierté Éric Tremblay, écologiste du parc.

«Au niveau mondial, toutes les espèces d’amphibiens sont en déclin. On a très peu de contrôle sur de grands facteurs comme les changements climatiques, mais la mortalité dans un parc sur les routes, on peut faire une différence», mentionne-t-il, ajoutant que les amphibiens jouent un rôle important dans l’écosystème.

Les traverses ont été installées près de quatre fécondes identifiées il y a quelques années par Marc Mazerolle, professeur adjoint à l’Université de Laval qui est originaire de Saint-Louis-de-Kent.

Ils comprennent notamment la rivière Black, un habitat critique pour la tortue des bois. Kouchibouguac est l’un des deux parcs nationaux au pays où vit cette espèce en péril, l’autre étant le parc national de la Mauricie. Au cours des dernières années, une douzaine de tortues ont été identifiées près de la rivière.

«La population de la tortue des bois est en déclin et la mortalité sur les routes est un risque élevé. C’est un animal qui a une maturité sexuelle très tardive, à 18 ans. Quand on en perd une, ç’a un gros impact sur la population.»

Les zones des traverses comprennent aussi des espaces comme l’étang Porter’s, un petit bassin d’eau créé par l’humain vers la fin des années 1950 lors de la construction de la route 117.

«Mère nature a fini par reprendre ses droits. Avec le temps, c’est devenu un des meilleurs endroits pour les amphibiens dans le parc. Il y a sept espèces d’amphibiens, dont trois salamandres: la salamandre à points bleus, la salamandre maculée et le triton vert.»

«Lorsqu’il pleut l’été et qu’il fait au-dessus de 10 degrés, il y avait beaucoup de mortalité sur la route. Ici, c’est vraiment une autoroute pour amphibiens», ajoute-t-il.

Afin de s’assurer que les petits animaux utilisent les tunnels, de petites clôtures ont été installées le long des routes afin de les guider vers le passage sécuritaire.

«À la fin du projet, on va avoir installé 3200 mètres de clôtures à amphibiens. Ce sont de petites clôtures qui n’empêchent pas les ours et les orignaux de traverser, mais qui vont guider les amphibiens. C’est un gain en conservation vraiment important.»

Le projet de conservation des amphibiens a eu lieu dans le cadre du projet de 23,5 millions $ pour l’amélioration de la route 117. M. Tremblay souligne que les quelque 250 000 $ investis dans les tunnels et clôtures pour amphibiens n’auraient pas pu être investis ailleurs dans le parc, car les fonds étaient réservés uniquement pour l’infrastructure routière.

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