Les projets verts se multiplient dans la Péninsule

De Grande-Anse à Miscou, les initiatives vertes se sont multipliées au cours des dernières années dans la Péninsule acadienne. Le collectif Imaginons la Péninsule acadienne autrement a tenu à les mettre en lumière les 15 et 16 septembre lors d’un colloque à Shippagan.

Il y a quelques années, Mélanie Aubé a décidé de se construire une maison écoénergétique sur l’île Lamèque. La maison n’est pas dotée d’un système de chauffage conventionnel, mais la demeure est bien isolée et son emplacement fait en sorte qu’elle profite au maximum de la chaleur du soleil.

«Le concept est assez simple. L’énergie solaire entre par les fenêtres et est en partie emmagasinée par une masse thermique au sol. C’est un plancher en ciment avec une épaisseur de 4 pouces. Quand il n’y a pas de soleil, le plancher renvoie la chaleur accumulée pendant la journée. Ça permet de réduire ma consommation d’électricité pour me chauffer», explique-t-elle.

Puisque ce type de construction demeure assez rare dans la Péninsule acadienne, Mélanie Aubé a rencontré des obstacles au cours du processus.

«Il manque des gens avec de l’expérience pour ce genre de construction. Mais dans le fond, ce n’était pas si pire parce qu’ici, les entrepreneurs sont habitués à se débrouiller et à trouver des solutions aux problèmes. Ils ont cette attitude en général. J’ai trouvé quelqu’un avec un esprit critique. Il m’a souvent questionné et m’a presque mis au défi pour s’assurer que ç’avait du bon sens mon affaire.»

L’expérience a valu le coup. Même pendant les mois les plus froids de l’année, elle n’a jamais payé plus de 175$ pour alimenter sa maison en électricité.

Des initiatives personnelles comme celles-ci font tranquillement leur apparition au Nouveau-Brunswick. Dans d’autres cas, ce sont des entreprises privées, des groupes de citoyens de la communauté ou encore des municipalités qui mettent la main à la pâte pour mettre en œuvre des projets et faire une différence.

«Nous avons voulu stimuler une discussion avec des gens qui sont préoccupés par ces questions, mais à partir de différentes perspectives, parce qu’il faut travailler ensemble», dit Nancy Juneau, porte-parole d’Imaginons la Péninsule acadienne autrement.

Le colloque a regroupé des représentants de tous les horizons, dont d’Énergie NB, de la Coopérative d’énergie renouvelable de Lamèque, du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, l’Association francophone des municipalités du NB et l’entrepreneur, Théo Losier. La veille, Steven Guilbeault, écologiste québécois et directeur d’Équiterre, a donné une conférence.

«J’étais agréablement surprise de voir ce qui se fait. Ça bouge plus qu’on le pense. Le projet de coopérative d’énergie éolienne par exemple, c’est un modèle à imiter et à multiplier. Mon rêve est qu’il ait des coopératives comme ça partout dans la Péninsule acadienne. Ça s’est fait une fois, ça peut se faire encore!»