Brian Gallant vante les vertus du bilinguisme… en anglais!

Le premier ministre Brian Gallant a livré lundi midi à Saint-Jean un discours vantant les bienfaits du bilinguisme au Nouveau-Brunswick.

Orateur invité de la Chambre de commerce de la région de Saint-Jean, Brian Gallant a livré une allocution d’une trentaine de minutes au centre de congrès et de convention de Saint-Jean.

Même si l’exercice visait avant tout à faire la promotion du bilinguisme dans la province, le premier ministre a cru bon livrer son discours exclusivement en anglais, à part deux phrases prononcées en français lors des remerciements d’usage en début d’allocution.

D’entrée de jeux, Brian Gallant a dit croire que les médias sociaux sont en bonne partie responsable du regain des tensions linguistiques à travers la province.

«Les médias sociaux sont des porte-voix. Aujourd’hui, tout le monde a une plate-forme pour exprimer ses points de vue. Et les gens peuvent exprimer leurs points de vue à des centaines de personnes qui les partagent à leur tour», a indiqué le premier ministre à la foule.

S’exprimant au sujet de la difficulté pour plusieurs anglophones d’apprendre le français au Nouveau-Brunswick, Brian Gallant a indiqué que le gouvernement allait dévoiler plus tard cette semaine une série de mesure afin de faciliter l’apprentissage d’une seconde langue chez les adultes et l’accès à l’immersion française.

«Il y aura des annonces au sujet d’améliorations dans ces programmes. On veut s’assurer que ce sera fait de la bonne façon et que ce sera accessible autant que possible dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick», a-t-il expliqué.

Relatant les grandes lignes de son cheminement académique, Brian Gallant a insisté sur l’importance des institutions pour les francophones du Nouveau-Brunswick, citant l’Université de Moncton en exemple.

«Les francophones parlent beaucoup de leurs institutions et ils tiennent à les protéger. Elles sont cruciales pour les minorités linguistiques», a souligné le premier ministre.

Pressant les Néo-Brunswickois à faire preuve de tolérance, Brian Gallant a tenu à rappeler que l’égalité des communautés anglophones et francophones au Nouveau-Brunswick est reconnue dans la Constitution du Canada.

Selon lui, le bilinguisme apporte également beaucoup d’avantages économiques au Nouveau-Brunswick.

«Ce débat devrait arrêter là. Ces droits sont inscrits dans un document très important qui ne va pas changer de sitôt», a clairement laissé entendre le chef libéral, en appelant au respect mutuel.

«Cela signifie être prêt à avoir une conversation ouverte et franche, c’est ce que nous espérons pouvoir commencer aujourd’hui. Au Nouveau-Brunswick, nous avons donné aux personnes le droit d’être servies dans la langue de leur choix par leur gouvernement. Nous leur avons donné le droit d’être éduquées dans leur langue maternelle. Nous avons donné à la fois aux communautés francophones et anglophones le droit de préserver leur langue et leur culture», a tenu à souligner Brian Gallant.

Contrairement à son habitude, le premier ministre Gallant s’est limité à la lecture d’un texte écrit d’une dizaine de pages.

Il a expliqué que son allocution prévue mercredi midi à Caraquet sera la même et qu’elle sera livrée en français cette fois.

«Je fais cela parce que je veux être sûr que je livre le même message à la population de Saint-Jean qu’à la population de Caraquet et de la Péninsule acadienne. Je veux livrer le même discours à tous les Néo-Brunswickois».

Un bel effort, selon la SANB

Réagissant au discours sur le bilinguisme prononcé lundi par Brian Gallant, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a tenu a souligner l’effort et la volonté du premier ministre et du gouvernement provincial d’aborder ce sujet plutôt sensible.

«Je salue l’effort et l’initiative de vouloir expliquer le bilinguisme aux citoyens et de défaire certains mythes. Ça devait être fait. De dire par contre qu’il n’est pas nécessaire d’être bilingue pour occuper plusieurs postes dans la fonction publique, je crois que c’est une erreur de parcours», a indiqué Philippe Beaulieu, le président par intérim de la SANB.

Celui-ci s’est également dit quelque peu agacé par l’absence totale de français dans le discours livré par Brian Gallant à Saint-Jean, et ce même si une allocution similaire sera livrée en français mercredi à Caraquet.

«Il faudra voir ce que va faire le gouvernement avec l’annonce de la mise en place de programmes améliorés d’apprentissage et d’immersion en français», soutient Philippe Beaulieu.

Selon lui, le gouvernement se doit d’aller plus loin et d’affirmer clairement que la province a besoin de plus de bilinguisme au sein de sa fonction publique.

«Si on veut promouvoir le bilinguisme, il faut vanter les occasions d’apprentissage et encourager les gens à apprendre le français», résume le président par intérim de la SANB.