Un Britannique né à Campbellton découvre ses racines acadiennes

Bruce DuGuay, né à Campbellton, a déménagé en Angleterre, pays d’origine de sa mère, à l’âge d’un an. Il était de retour en Acadie pour la première fois, dans les derniers jours, à la rencontre des racines de son père. Contre toute attente, il a fait une découverte intéressante sur une question qui le taraudait depuis de nombreuses années.

C’est un monsieur âgé de 69 ans, pas très à l’aise de raconter son histoire publiquement pour la première fois et étreint par les émotions, que l’Acadie Nouvelle a rencontré au Musée du patrimoine à Bathurst.

Il revenait du quartier général des Forces armées canadiennes à moins de 3 km de là, et y a appris que son père, Raymond Duguay, un soldat du North Shore Regiment, n’avait pas seulement été envoyé en Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale.

Bruce DuGuay, qui n’explique pas pourquoi son nom a hérité d’un G majuscule, a même eu l’occasion de voir une photo de ce père qu’il n’a pas connu.

«Je ne m’attendais pas à découvrir grand-chose de nouveau que je ne savais déjà. Je m’étais souvent demandé si mon père, qui était en Angleterre avec son régiment, avait participé au débarquement de Normandie. J’ai finalement su qu’il était allé en France et en Hollande. Il n’y avait pas trop de détails sur cette période, mais c’était assez pour moi de savoir qu’il n’avait pas passé la guerre en Angleterre. Il avait été dans l’action ailleurs», confie-t-il avait son accent très british.

Raymond Duguay, le paternel, de Campbellton mais avec des racines à Roberville, a marié une Anglaise. À la fin de la guerre, il l’a ramenée dans son coin de pays. Bruce y est né en janvier 1947. L’année suivante, sa mère et lui quittaient pour toujours le Canada, sans jamais revoir le père.

«Je savais que je suis né au Canada, mais rien de plus. Quand ma mère est morte, j’ai découvert un document avec deux noms. Il y avait celui de ma grand-mère canadienne et l’autre, mon oncle du côté de mon père. En utilisant un site de généalogie sur Internet, j’ai trouvé l’arbre familial. Ce n’était pas parfait. Les noms étaient incomplets, mais c’était assez pour m’inciter à parler au Duguay qui a publié cet arbre généalogique», a exprimé M. DuGuay, habitant de la région de West Midlands.

L’auteur l’a mis en contact avec Oscar Duguay, le président de l’Association des familles Duguay, originaire d’Allardville, mais qui réside à Dieppe.

«En 2014, je l’ai invité au Congrès mondial acadien, comme nous avions une réunion de famille à Pohénégamook (région de Témiscouata au Québec). Il m’a répondu qu’il n’était pas prêt maintenant pour diverses raisons. L’année dernière, il m’a dit qu’il considérait mon invitation et voilà. Il est là», a relaté le président de l’organisme.

Bruce DuGuay, qui est en visite au Canada pour un mois accompagné de son épouse, a eu l’occasion de rencontrer des cousins proches et éloignés. Ils se sont notamment rendus à Shippagan, où un des fils du premier Duguay arrivé à Pabos (Gaspésie), s’était établi, Bathurst, autrefois Népisiguit, où ses ancêtres ont également vécu et évidemment Campbellton, son lieu de naissance.

«Malheureusement, il n’y a plus beaucoup de premiers cousins de ce côté du Canada. Ils sont ailleurs au pays, mais je tenais à rencontrer ma parenté qui est en vie et qui m’a aidé à en apprendre plus sur la très courte période où ma famille était à Campbellton. Les gens sont si accueillants, amicaux, généreux», dit-il.

C’est à Cap-Pelé que le Britannique a dégusté du homard frais, une première pour lui, de même qu’une poutine râpée et du fricot à Bouctouche.