L’église catholique partagée sur l’attitude à adopter face à l’aide médicale à mourir

Contrairement à des évêques de l’Ouest canadien qui s’opposent à présider les obsèques de fidèles qui auraient eu recours à l’aide médicale à mourir, le père Wesley Wade, vicaire général au diocèse de Bathurst, dit qu’il faut faire preuve de miséricorde.

Qui sommes-nous pour juger? C’est en ces termes que le père Wade explique pourquoi il ne lui appartient pas de refuser le service religieux pour l’enterrement de ceux qui ont fait appel au droit de mourir.

«Il faut tenter de vivre selon l’idéal de l’Évangile, soit le respect de la vie à partir de la conception jusqu’à la mort naturelle. Cependant, dans toute situation, il faut toujours exercer de la miséricorde. C’est un geste pastoral d’accueillir quelqu’un qui a été baptisé et a été confirmé dans notre Église pour son dernier service confié à la miséricorde de Dieu», déclare le vicaire général, prenant soin de préciser qu’il s’agit de son point de vue personnel et qu’il ne parle pas au nom du diocèse.

«Nous ne savons pas ce qui se passe dans le for intérieur de quelqu’un. Seul Dieu connaît les consciences. Notre idée est de guider les gens dans la Vérité telle que nous la voyons, mais d’être toujours plein de compassion dans leur cheminement, incluant la messe des funérailles», insiste le père Wade.

Des évêques de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest ont émis des consignes qui invitent les prêtres à écarter de l’Église, en vue de leur dernier repos, des cas très médiatisés de mort assistée.

Ils désignent cet acte de grave péché.

Ces hauts représentants étendent l’opprobre sur les familles qui soutiennent la décision d’un parent de mettre un terme à leur vie par ce processus. Elles aussi devraient être mises à l’écart lors de leurs funérailles, soutiennent-ils.

«À moins d’avoir une contrainte d’autres instances supérieures, je vais accepter une demande pour des funérailles. Même si je ne suis pas d’accord en principe avec l’acte (choisir de mourir), je n’irai pas jusqu’à refuser les funérailles. C’est comme les cas de suicide dans le fond. À une époque, les suicidés n’étaient pas enterrés dans le cimetière. Ils étaient en dehors de la cour de la terre sainte. Nous avons fait un bout de chemin dans le sens de l’accueil», reconnaît le vicaire général de Bathurst.

Le père Wesley Wade estime révélateur le fait que la Conférence des évêques catholiques du Canada, qui était en assemblée annuelle cette semaine, à Cornwall, Ontario, n’ait pas endossé cette approche. L’archevêque de Moncton, Valery Vienneau et l’êvêque de Bathurst, Daniel Jodoin, en autres, y ont assisté.