Amédée Boucher et ses partisans passent à l’étape supérieure. Après avoir incité la population à signer une pétition ces dernières semaines, ils ont organisé, samedi midi à Tracadie, une marche pacifique. Ils veulent que le gouvernement provincial interdise l’utilisation du glyphosate, un herbicide considéré comme étant cancérigène par certains.

Pancartes à la main, une vingtaine de citoyens ont arpenté la rue Principale de la municipalité jusqu’au bureau de circonscription du ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Serge Rousselle.

«On demande l’interdiction immédiate de ce produit. On n’attendra pas les élections de 2018 pour se faire entendre. C’est une grosse bataille qu’on engage, mais on va la gagner», assure Amédée Boucher.

Raymonde Doiron, de Pointe-à-Bouleau, se trouvait en tête de cortège. En début de mois, celui qui se définit aujourd’hui comme «un activiste à temps plein» l’a sensibilisée à sa cause. Elle a tout de suite adhéré.

«Je suis née près de l’ancien camp militaire. J’ai vu comment ils ont tout détruit. Tout ça pour l’argent. C’est un péché mortel. Ça suffit! Il est temps qu’on se réveille et qu’on agisse», se révolte-t-elle.

Le glyphosate est le désherbant le plus utilisé au monde. Il est commercialisé par la décriée compagnie américaine Monsanto, récemment rachetée par le groupe allemand Bayer. Il suscite la controverse.

En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer, créé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’a classifié comme «probablement cancérigène pour l’humain», sur la base des recommandations d’un groupe de travail composé de 17 personnes provenant de 15 pays.

En mai dernier, une nouvelle expertise émanant de l’OMS et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture concluait qu’il était «improbable que le glyphosate pose un risque cancérogène pour les humains, du fait de l’exposition par le régime alimentaire».

À l’OMS, on considère que ces deux études ne sont pas contradictoires, mais complémentaires. De son côté, le gouvernement du Nouveau-Brunswick affirme prendre toutes les dispositions nécessaires concernant l’usage des pesticides dans la province. Et ce, à petite comme à grande échelle.

«Les produits appliqués sont réglementés attentivement par Santé Canada et par le ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux. (…) Autre que de se débarrasser de végétation indésirable, nous ne connaissons aucunes sources crédibles qui ont pu prouver que ces traitements ont un impact durable sur l’environnement quand tous les critères d’application sont respectés», communique-t-on, depuis Fredericton.

Le Québec prend la question au sérieux. En 2012, un rapport gouvernemental mentionnait que la présence et la concentration de glyphosate dans l’eau des rivières qui se trouvent à proximité des champs agricoles étaient en constante augmentation.

Amédée Boucher préfère prévenir que guérir. Sa pétition lancée début septembre rassemble aujourd’hui plus de 4500 signatures. Il envisage de se rendre, dès cette semaine, à Néguac, à Tabusintac et à Miscou pour la faire circuler.

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