EXCLUSIF – Un prêtre poursuivi pour agression sexuelle sur un mineur

L’Archidiocèse de Moncton est éclaboussé par un autre scandale de pédophilie parmi ses rangs. Le prêtre Paul Breau est visé par une poursuite au civil en lien avec des agressions sexuelles alléguées sur un adolescent de 13 ans, alors qu’il était prêtre-assistant à la paroisse St. Joseph de Shediac.

Les faits reprochés se seraient produits de 1984 à 1986. Le plaignant, dont le nom a été gommé parce qu’il était alors âgé de 13 à 15 ans, effectuait de l’aménagement paysager sur les terrains de la paroisse St. Joseph, afin de s’acquitter d’une peine de travaux communautaires.

Paul Breau était responsable de superviser les efforts du délinquant juvénile et de l’approvisionner en eau.

Toujours selon l’avis de poursuite, déposée le 29 août, le prêtre aurait profité de sa position d’autorité pour agresser la victime alléguée à plusieurs reprises.

Ces agressions alléguées auraient été commises dans le presbytère, propriété de la paroisse St. Joseph.

Selon l’avis de poursuite, les principes idéologiques véhiculés par l’Église, rendant le salut d’un individu conditionnel à son obéissance et respect des représentants de Dieu sur Terre – les prêtres -, ont permis à Paul Breau d’exercer son autorité sur la victime.

Aujourd’hui âgé de 45 ans, le plaignant affirme être depuis accablé d’un sentiment et de honte et de culpabilité, en plus d’avoir développé une dépression et de l’anxiété.

Il demande une compensions pécuniaire pour ses traumatismes et des sanctions punitives exemplaires à l’endroit de l’accusé, dont la teneur sera déterminée par la cour.

La poursuite est pilotée par Brian Murphy, avocat, ancien maire de Moncton et ancien député de Moncton-Riverview-Dieppe.

Le père Paul Breau s’est retiré l’an dernier du ministère paroissial, après des décennies de service à l’archidiocèse de Moncton. Il continuerait toujours d’exercer un ministère comme aumônier en semaine à la Maison-Mère des Religieuses Notre-Dame du Sacré-Cœur à Moncton, en plus d’offrir ses services comme prêtre remplaçant, selon le site web de l’organisme religieux.

Au cours de sa prêtrise, Paul Breau a occupé différentes fonctions au sein de multiples églises du sud-est du Nouveau-Brunswick. Il a été vicaire à la Cathédrale de Moncton (1955 à 1967), desservant à Sunny Brae (1967 à 1968), curé à Saint-Ignace (1968 à 1970), Christ-Roi et vicaire-forain à Moncton (1981 à 1990) et prêtre-assistant à St-Joseph (Shediac, 1981 à 1990) et St-Anselme (Dieppe, 1990 à 2000).

L’homme était également prêtre-assistant puis aumônier de la paroisse Notre-Dame d’Acadie (2000 à 2015), située sur le campus de l’Université de Moncton.

C’est justement là, le 3 mai 2015, où son 60e anniversaire de sacerdoce a été fêté. Sa contribution a été soulignée par la célébration de la messe par l’archevêque de de Moncton, Valéry Vienneau, suivie d’un hommage au nom de l’Université de Moncton livré par la directrice aux affaires étudiantes et internationales de l’époque, Marie-Linda Lord.

L’Acadie Nouvelle a tenté d’obtenir une réaction de l’université acadienne à la poursuite qui pèse contre l’ancien prêtre de son campus de Moncton, mais notre demande est restée lettre morte.

L’archidiocèse de Moncton a démis M. Breau de toutes ses fonctions, jeudi après-midi, en attendant les résultats de la poursuite civile.

Des poursuites qui s’empilent

L’avis de poursuite déposée contre Paul Breau n’est que le dernier venu d’une série de poursuites criminelles et civiles entamées contre l’Archidiocèse de Moncton et d’autres prêtres depuis les dernières années.

L’ancien curé Lévi Noël a reconnu sa culpabilité en 2009 à 22 accusations de grossière indécence et d’attentats à la pudeur, pour des faits s’étalant de 1958 à 1981, sur 18 garçons âgés de 8 à 16 ans.

L’ex-prêtre Charles Picot, de Bathurst, subissait son quatrième procès pour des actes à caractère sexuel sur des mineurs, lorsqu’il est décédé le 31 mars 2016. Les faits allégués se seraient échelonnés de 1980 à 1987.

Des victimes présumées du père Camille Léger sont sorties de l’ombre en 2013, pour entamer une poursuite civile contre l’Archidiocèse de Moncton. Sept hommes âgés de 45 à 73 affirment avoir été victimes de sévices sexuels de l’homme de Dieu, entre 1953 jusqu’au milieu des 1980.

L’avocat Michel Bastarache, ancien juge à la Cour suprême du Canada, a été embauché par le diocèse en 2010 comme médiateur pour négocier des indemnités aux victimes présumées de Camille Léger, en échange d’un règlement à l’amiable.

Le père Yvon Arsenault, un ancien curé âgé de 75 ans, doit se présenter en Cour du banc de la reine devant juge seul, le 24 octobre, pour répondre à des accusations de nature sexuelle impliquant des enfants, déposées en décembre 2013.

L’homme de foi fait face à 17 accusations d’atteinte à la pudeur et de grossière indécence pour des actes qui se seraient produites entre 1971 et 1980, dans les communautés de Shediac, Collette et Rosaireville. Il aurait fait sept victimes, toutes âgées de moins de 18 ans à l’époque.

L’Archidiocèse de Moncton avait publié un communiqué de presse en 2013 indiquant qu’Yvon Arsenault avait été retiré de toute fonction en raison des allégations qui pèsent contre lui.