Une autre église du Restigouche ferme ses portes

Une seconde église ferme ses portes au Restigouche en l’espace de deux ans.

Après l’église de la communauté de Richardville, près de Campbellton, au début 2015, c’est au tour de l’église Notre-Dame-de-Fatima de Saint-Arthur de fermer ses portes en raison d’ennuis financiers et d’une baisse de fréquentation.

Cette nouvelle survient à la suite d’une rencontre survenue la semaine dernière avec de la population de Saint-Arthur. Convoquée par le diocèse, cette assemblée visait à étudier les différentes options pour l’avenir de l’église.

«On tenait à être très transparents sur l’état financier de la paroisse ainsi que sur l’état des ressources humaines. Car ce n’est pas uniquement une question d’argent, il faut également un bassin suffisant de bénévoles pour faire fonctionner adéquatement une paroisse», exprime le père Maurice Frenette, curé assigné à Saint-Arthur.

Lors de cette rencontre, l’assemblée (d’une trentaine de personnes) a voté favorablement pour la fermeture de l’établissement. La décision doit maintenant être entérinée par les autorités diocésaines, ce qui devrait être une formalité.

«On devrait ainsi fermer (officieusement) l’établissement dès la fin de ce mois-ci. Puis au printemps, on la rouvrirait le temps d’une célébration de fermeture officielle, car le rite liturgique prévoit que l’on tienne une cérémonie spéciale présidée par l’évêque lorsqu’il est question de fermer une église», explique le père Frenette

À la différence de Richardville, la communauté de Saint-Arthur a toutefois demandé à ce qu’on ne ferme que le bâtiment et non l’église comme entité religieuse (paroisse).

«La nuance, c’est que présentement, cette communauté chrétienne n’a plus les moyens financiers de soutenir une bâtisse (église). Toutefois, il y a encore des gens dans la communauté qui désirent que la vie religieuse, y compris la célébration occasionnelle de certains rites, se poursuive même s’il n’y a plus de bâtisse officielle pour se rassembler. On pourrait ainsi, par exemple, se rassembler pour une messe à Noël dans un local comme le club de l’âge d’or ou la salle des pompiers», indique le père Frenette.

Ce n’est pas la première fois que l’église de Saint-Arthur était ciblée pour fermeture. Toutefois, par le passé, la communauté s’était vivement opposée à cette possibilité. Aujourd’hui, la population semble s’être résignée, estime le Père Frenette.

«Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par l’ambiance qui régnait lors de la rencontre. Les gens n’étaient pas joyeux, bien entendu, mais on sentait qu’il y avait sur place une certaine sérénité, que la foule acceptait cette réalité», indique le prêtre.

«Le fait de ne pas dissoudre la communauté religieuse, je crois que cela permettra peut-être à la population de vivre un deuil progressif, plus en douceur. C’est moins brusque que de dire on ferme tout à compter de telle date», ajoute-t-il.

Toujours selon lui, la bâtisse pourrait se retrouver sur le marché immobilier dès l’an prochain, tout comme ce fut le cas pour l’église de Richardville à la suite de sa fermeture. Cette dernière trouvé preneur plus tôt cette année.

«L’église de Saint-Arthur est dans un assez bon état, mais on s’entend qu’elle ne se trouve pas dans le centre-ville de Montréal. Les possibilités de trouver une seconde vie à un bâtiment d’une telle envergure en milieu rural sont plus limitées. Mais on ne sait jamais et on lui souhaite cela», note l’homme d’Église.