Les Néo-Brunswickois encouragés à faire vacciner leurs enfants contre un virus cancérigène

Les taux de cancers de la bouche et de la gorge causés par le virus du papillome humain (VPH) grimpent en flèche chez les hommes. La Société canadienne du cancer demande aux parents de vacciner leurs enfants.

Le VPH ne menace pas que les femmes, alerte le rapport 2016 des Statistiques canadiennes sur le cancer.

L’étude révèle que le taux d’incidence des cancers de la bouche et de la gorge associés au VPH a augmenté de 56% chez les hommes et de 17% chez les femmes en l’espace de 20 ans. Ils sont sur le point de dépasser le taux de cancer du col de l’utérus chez les femmes.

L’infection au VPH est la maladie transmise sexuellement la plus fréquente au Canada, et la plupart des personnes sexuellement actives en contracteront une au cours de leur vie. La majorité des personnes touchées ne savent même jamais qu’elles le sont, car la plupart des infections disparaissent en l’espace de deux ans et n’entraînent aucun symptôme physique.

Cependant, certaines infections sont sérieuses et peuvent mener au cancer.

Le VPH est responsable de tous les cancers du col de l’utérus, de 25 à 35% des cancers de l’oropharynx et de la cavité buccale (bouche et gorge), de 80 à 90% des cancers de l’anus, de 40% des cancers du vagin et de la vulve et de de 40 à 50% des cancers du pénis.

En 2016, près de 4400 Canadiens recevront un diagnostic de cancer associé au VPH et quelque 1200 Canadiens succomberont à un cancer associé au VPH.

«Ces types de cancer sont en grande partie évitables grâce à la vaccination, indique le Dr Robert Nuttall, directeur adjoint des politiques de santé à la Société canadienne du cancer. En vaccinant vos enfants, vous les aidez à se protéger du cancer dans le futur.»

Les vaccins ont une efficacité maximale lorsqu’ils sont administrés avant le début de la vie sexuelle, quand la probabilité d’une infection antérieure est faible. De plus, le système immunitaire répond mieux lorsque le vaccin est reçu à un jeune âge. C’est pourquoi les programmes financés par l’État s’adressent aux enfants d’âge scolaire.

À l’heure actuelle, le vaccin anti-VPH est offert aux filles d’un océan à l’autre, mais aux garçons de seulement six provinces (Alberta, Manitoba, Nouvelle-Écosse, Ontario, Île-du-Prince-Édouard et Québec).

Depuis 2008, le Nouveau-Brunswick offre un programme de vaccination aux filles de 7e année, mais pas aux garçons.

«Nous demandons au gouvernement provincial d’élargir son programme de vaccination contre le VPH, insiste Anne McTiernan-Gamble, directrice générale de la Société au Nouveau-Brunswick. Il faut absolument que le Nouveau-Brunswick vaccine les garçons et les filles pour aider à réduire les taux d’incidence de cancer dans cette province. Plus il y aura d’enfants vaccinés, plus il y aura de cas de cancer évités.»

Contacté par l’Acadie Nouvelle, le ministère de la Santé confirme que le N.-B. pourrait s’aligner avec les autres provinces.

«À la lumière des récents rapports statistiques sur le VPH liés aux cancers et des récentes recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation, l’agrandissement du programme de vaccination publique contre le VPH pour inclure les garçons est à l’étude», assure la porte-parole Geneviève Mallet.

Le taux de vaccination reste assez élevé dans la province, il oscille entre 73 et 78%.

La Société exhorte les écoles et les professionnels de la santé à promouvoir le vaccin en tant que stratégie sûre et efficace de prévention du cancer. Elle exhorte également les parents à signer le formulaire d’autorisation de vaccination que leurs enfants ramènent de l’école.

Le cancer continue de faire des ravages

Le cancer demeure la première cause de mortalité au Canada: 30 % des décès y sont attribuables. On estime que deux Canadiens sur cinq pourraient recevoir un diagnostic de cancer au cours de leur vie et qu’un citoyen sur quatre sera emporté par la maladie

En 2016, 202 400 Canadiens devraient recevoir un diagnostic de cancer et 78 800 en mourront.

Au Nouveau-Brunswick, on prévoit qu’il y aura environ 4900 nouveaux cas de cancer et 2000 décès dus à cette maladie cette année.

Au Nouveau-Brunswick, le cancer du poumon représente 30,5% de toutes les mortalités par cancer. Plus de 85% des cas sont causés par le tabagisme, les autres causes sont le radon, l’exposition à l’amiante, à la pollution atmosphérique ou à certains produits chimiques.

Les cancers du poumon, du sein, de la prostate et colorectal sont les quatre types de cancer les plus couramment diagnostiqués parmi les nouveaux cas de cancer.

Alors qu’une hausse 40% du nombre de cas de cancer est prévu au Canada de 2015 à 2030, les chercheurs estiment qu’il est possible de prévenir près de la moitié des cancers avec un mode de vie sain et des politiques de prévention du tabagisme ou de l’obésité.

Depuis trente ans, le taux de mortalité pour tous les cancers confondus est en baisse chez les hommes et chez les femmes. Aujourd’hui, plus de 60% des Canadiens atteints de la maladie survivent au moins cinq ans après le diagnostic.