Un violoniste manchot encourage de jeunes musiciens à se dépasser (Vidéo)

Né sans main droite, Adrian Anantawan a persévéré pour devenir un virtuose du violon. En visite dans une école de musique de Moncton, il invite les enfants à croire en leur potentiel.

De la Maison-Blanche aux Jeux olympiques d’Athènes, en passant par un concert devant le Dalaï-Lama et Jean-Paul II, le musicien originaire de Toronto s’est produit un peu partout à travers le monde.

Son handicap n’a pas empêché Adrian Anantawan d’exceller dans son art. À l’âge de neuf, il a appris à jouer du violon à l’aide d’une prothèse. L’outil lui permet de tenir l’archet et d’utiliser à merveille son instrument. Les progrès ont été lents et l’apprentissage fastidieux.

Le musicien a poursuivi dans cette voie et a obtenu des diplômes des universités Harvard et Yale. Aujourd’hui il s’implique dans les causes qui lui sont chères, en tant que porte-parole du programme des enfants amputés de l’association des amputés de guerre, et membre Child du centre de réhabilitation des enfants Bloorview de Toronto. Il a également enseigné la musique à des enfants de quartiers déshérités aux États-Unis pendant quatre ans.

Le violoniste était l’invité du centre Systema de Moncton mardi. L’organisme offre aux enfants défavorisés une formation musicale intensive. Devant un public captivé, Adrian Anantawan a appelé la nouvelle génération à poursuivre ses rêves sans relâche malgré l’adversité.

«Je pense vraiment que les erreurs qu’on fait dans la vie ont un sens et peu importe tes difficultés, tant que tu gardes cette passion de devenir une meilleure personne, tu finiras par réussir», lance-t-il.

Il conseille aux jeunes amoureux de la musique de ne jamais se décourager et de continuer à persévérer encore et encore.

«La qualité de ta musique dépend de ta capacité à lutter, à comprendre tes échecs et à rester résilient malgré tout. L’échec n’est pas une fin, mais un commencement, c’est la première étape de l’apprentissage!»

Systema NB compte huit centres à travers la province, notamment à Edmundston et Richibucto. Cette année, le programme est offert à 850 jeunes musiciens qui s’entraînent deux heures par jour, cinq fois par semaine.

«Ce sont souvent des enfants qui viennent de familles défavorisées et qui n’auraient pas forcément la chance de suivre des cours de musique. Pour beaucoup, la musique les aide à faire grandir leur estime de soi, explique Danièle Jones, directrice de l’orchestre des jeunes de Moncton. Aujourd’hui, on voulait leur présenter un héros qui les inspire, qui est capable de surmonter des obstacles chaque jour.»