Kevin Arseneau de retour à l’Assemblée législative après deux ans d’exil

Interdit de séjour à l’Assemblée législative depuis 2015 pour avoir causé du grabuge, Kevin Arseneau n’a pas fait de vagues à son retour dans la tribune, lundi. Cette fois, le président de la SANB a gardé son sang-froid.

Élu à la tête de la société il y a quelques jours à peine, Kevin Arseneau a participé à l’une de ses premières activités à titre de président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, mercredi à Fredericton.

Il a assisté à la lecture du discours du Trône, qui marque le début de la nouvelle session législative (voir texte en page 4). Son passage s’est fait sans problème et il ne s’est pas attiré les foudres du président de l’Assemblée législative.

«Je suis resté bien calme. Je suis resté en haut. Quoiqu’on entendait les étudiants qui manifestaient dehors. J’avais quasiment envie de sortir les rejoindre. Mais ce n’était pas mes fonctions aujourd’hui. Je suis resté bien calme en haut.»

Il cependant bien failli avoir la mauvaise surprise d’être refoulé par les gardiens de sécurité à son arrivée à l’Assemblée législative, puisqu’il y était interdit de séjour jusqu’à mardi dernier. Il l’ignorait jusqu’à tout récemment.

Expulsé indéfiniment

L’affaire remonte au 30 avril 2015. Il avait alors assisté aux travaux des députés en compagnie d’autres membres de l’Union nationale des fermiers.

Les choses ont tourné au vinaigre lorsque les libéraux ont défait un projet de loi sur l’alimentation locale déposé par le chef du Parti vert.

Kevin Arseneau et ses collègues avaient réagi en se levant et en donnant le fond de leur pensée aux élus à voix haute. Cela est strictement interdit.

Après avoir demandé à maintes reprises aux agriculteurs en colère de garder le calme, le président de l’Assemblée législative, Chris Collins, avait ordonné l’évacuation de la tribune du public.

Une lettre de Chris Collins

Ce qu’ignorait Kevin Arseneau, c’est que ses frasques lui avaient valu d’être expulsé indéfiniment de l’Assemblée. Il affirme qu’il croyait que ce dossier était clos depuis longtemps.

Récemment, comme le veut la tradition, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick a été invitée à assister à la lecture du discours du Trône.

Sans surprise, Kevin Arseneau, qui est aujourd’hui à la tête de cet organisme, a fait savoir au gouvernement qu’il avait l’intention d’accepter l’invitation et de se pointer à l’Assemblée législative.

La nouvelle s’est vraisemblablement rendue jusqu’aux oreilles de Chris Collins, puisque ce dernier lui a envoyé un courriel, mardi, à la veille de la lecture du discours.

Dans son message, le président de l’Assemblée législative lui rappelle qu’il est interdit de séjour depuis le 30 avril 2015. Il met ensuite de l’eau dans son vin.

«Cependant, dans le cadre de vos nouvelles fonctions en tant que président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, vous représentez un large segment de la population du Nouveau-Brunswick», dit-il.

Chris Collins lui annonce ensuite qu’il a«décidé de faire une exception» et qu’il annule cette interdiction pour de bon.

Il lui rappelle que les visiteurs en chambre «ne doivent pas prendre part aux travaux de la Chambre en aucune façon, que ce soit en paroles, en actions, en arborant des slogans ou des images sur des vêtements, des bannières ou des affiches.»

Toujours sur un ton que l’on pourrait qualifier de moralisateur, il conclut son courriel en affirmant qu’il est «convaincu que cette période d’interdiction de séjour vous a permis de mieux comprendre l’importance du décorum et le respect des traditions de démocratie à l’Assemblée législative.»