Reconnaissance des torts de la Déportation: Euclide Chiasson honoré pour son rôle

Euclide Chiasson, ancien président de la Société nationale de l’Acadie (SNA), reçoit un prix de reconnaissance pour avoir posé le jalon qui définit encore plus la place du site de Grand Pré dans l’Histoire.

La Société Promotion Grand Pré a décerné le Certificat André-D.-Cormier au citoyen de Pointe-Verte, lui qui a été porté candidat par Lorio Roy, le président de la Fondation du Collège de Bathurst

C’est sous l’administration d’Euclide Chiasson à la SNA, qu’une proclamation royale signée le 10 décembre 2003, reconnaissait les torts commis envers les Acadiens, en les déportant. Dans le même élan, le 28 juillet devenait la Journée de commémoration du Grand Dérangement.

«Les retombées de cette proclamation royale vont continuer de marquer nos souvenirs collectifs tout en permettant au Site de Grand Pré de prendre toute la signification qu’il a comme lieu de souvenance, mais aussi comme lieu d’éducation. C’est en particulier en ce sens que nous considérons que l’apport d’Euclide Chiasson a été exceptionnel au développement, à la pérennité et au rayonnement du lieu historique de Grand Pré», a souligné M. Roy, en soumettant la candidature de M. Chiasson.

Ce document officiel est exposé dans l’église-souvenir du berceau de l’Acadie. Le lauréat se sent très honoré, d’autant plus que ça donne à nouveau l’occasion de relater l’histoire qui a mené à cet événement historique.

«Les gens ne réalisent pas l’importance de chaque mot, de chaque virgule. Tout a été négocié. Le document met en perspective, sans aucun doute, tous les faits historiques qui entouraient la déportation. C’est ainsi que nous nous sommes identifiés pendant longtemps. C’est certain que nous avons tourné la page. Aujourd’hui est une autre réalité, mais il ne faut pas nier notre histoire et il faut comprendre d’où nous venons», fait remarquer Euclide Chiasson, qui agit maintenant comme directeur général de la Fondation du Collège de Bathurst.

Il se remémore la frénésie qui a suivi lorsque la gouverneure générale de l’époque, Adrienne Clarkson, a apposé sa signature sur le décret.

«Dans les journées qui ont suivi la proclamation, j’ai fait une quarantaine d’entrevues, dont plusieurs au niveau international, comme avec la BBC, le journal El País de Madrid, des correspondants à Washington de différents pays. Quand ils ont vu ça sur les fils de presse, ils se sont demandé ce qui se passait au Canada. Il n’y en a qui n’avaient jamais entendu parler des Acadiens.»

Si la diaspora acadienne aurait voulu des excuses de la Couronne britannique, ce n’est pas si simple.

«Nous avons essayé ça, mais ça n’a pas abouti parce que ce n’était plus du ressort de la Reine après 1982 (rapatriement de la Constitution canadienne). De plus, il y a toujours une hésitation à présenter des excuses, car cela signifie souvent compensation. Pour moi, reconnaître les torts est une forme d’excuses», note Euclide Chiasson.